Infrastructures: un levier de performance encore sous-exploité dans les portefeuilles
Les portefeuilles multi-assets disposent d’une marge de manœuvre significative pour renforcer leur exposition aux infrastructures. Dans un portefeuille mondial de référence composé de 70% d’actions et 30% d’obligations, les investisseurs détiennent déjà environ 4 à 5% d’exposition implicite à cette classe d’actifs, principalement à travers leurs participations en actions et en crédit, notamment dans les services aux collectivités. Selon les profils de risque et les contraintes de liquidité, cette exposition totale pourrait être portée à 10 à 19%, avec à la clé une amélioration du couple rendement/risque, sans hausse de la volatilité globale.
Coté et non coté: des profils complémentaires
A long terme, les infrastructures non cotées figurent parmi les classes d’actifs les plus attractives en termes de rendement attendu sur un horizon de 20 ans. Les infrastructures cotées présentent des perspectives légèrement inférieures, mais offrent en contrepartie une volatilité plus modérée et une liquidité accrue. Elles constituent ainsi un outil de transition efficace pour les investisseurs souhaitant construire progressivement une allocation en non coté.
Un point d’entrée jugé attractif
Les infrastructures combinent une dynamique structurelle de long terme et une opportunité de marché à court et moyen terme. La transition énergétique, l’essor de l’intelligence artificielle et la recomposition géopolitique mondiale génèrent des besoins d’investissement massifs et durables. Dans le même temps, les valorisations actuelles apparaissent, selon notre analyse, nettement inférieures à leurs moyennes historiques, renforçant l’attrait de la classe d’actifs.
Des actifs défensifs aux flux prévisibles
Les infrastructures offrent une exposition à des actifs réels essentiels, à forte intensité capitalistique et à durée de vie longue, dans les secteurs des transports, de l’énergie, du numérique et des services publics. Leurs flux de trésorerie sont majoritairement réglementés ou contractuels, assurant une visibilité élevée et des revenus souvent indexés sur l’inflation, ce qui en fait un pilier défensif dans les allocations de long terme.
Une croissance structurelle en soutien
Au-delà de leur caractère défensif, les infrastructures bénéficient de moteurs de croissance structurels. Le déploiement de l’intelligence artificielle illustre cette dynamique: le développement de centres de données, de réseaux électriques et d’infrastructures de fibre optique est indispensable à l’adoption de ces technologies, indépendamment des acteurs qui en capteront la valeur finale.
Une sous-allocation plus technique que fondamentale
La sous-exposition persistante des investisseurs institutionnels s’explique principalement par des facteurs techniques et comportementaux, faible représentation dans les indices, manque de repères historiques, contraintes de liquidité, coûts de transaction, plutôt que par des faiblesses intrinsèques de la classe d’actifs.
Des conditions d’accès en amélioration
Les conditions d’investissement évoluent favorablement, avec l’essor des marchés secondaires, des véhicules semi-liquides et des nouvelles solutions d’accès. Une allocation efficace repose sur une analyse fine des expositions existantes, un renforcement progressif en fonction des valorisations, l’utilisation des marchés cotés comme point d’entrée vers le non coté, et une sélection rigoureuse des gestionnaires.
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