Les investisseurs actifs jouent un rôle clé dans le développement des marchés de capitaux européens, le financement des entreprises et la diversification des portefeuilles des investisseurs. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude réalisée par Carmignac, BDL Capital Management, CIAM, Comgest, Edmond de Rothschild Asset Management, IVO Capital et Moneta.
L’analyse montre que les stratégies présentant un degré élevé d’indépendance par rapport à leurs indices de référence, en particulier, peuvent créer de la valeur à long terme. Parallèlement, grâce à leur participation aux introductions en bourse (IPO), aux augmentations de capital et aux émissions obligataires, les investisseurs actifs contribuent au financement de l’économie européenne et peuvent offrir aux investisseurs des opportunités supplémentaires de diversification et de gestion des risques.
Il est important de noter que cette étude n’a pas pour objectif d’opposer la gestion active à la gestion passive. Ces deux approches peuvent coexister et répondre à des besoins différents des investisseurs. L’étude souligne plutôt la nécessité de distinguer les stratégies véritablement actives des fonds présentés comme actifs mais qui restent étroitement liés à leur indice de référence. Ces stratégies indexées ou semi-passives offrent souvent une différenciation limitée par rapport aux produits passifs, tout en facturant des frais de gestion active.
C’est pourquoi l’étude préconise une classification plus claire des approches d’investissement en trois catégories: les stratégies passives, qui répliquent un indice; les stratégies semi-passives ou indexées, qui sont présentées comme actives mais restent largement guidées par un indice; et les stratégies véritablement actives, caractérisées par un haut degré d’indépendance par rapport à l’indice de référence. Une plus grande clarté aiderait les investisseurs à mieux comprendre ce qu’ils achètent et à prendre des décisions d’investissement plus éclairées.
Au-delà de la simple performance: le rôle des investisseurs actifs dans l’économie réelle
L’étude examine le rôle des investisseurs actifs dans le financement de l’économie européenne. Les gestionnaires actifs participent aux introductions en bourse, aux augmentations de capital et aux émissions obligataires, fournissant ainsi aux entreprises les capitaux nécessaires à leur croissance, à leur innovation et à leur transformation. Les auteurs y voient une contribution importante au financement de l’économie réelle et au soutien des projets d’investissement à long terme en Europe.
En outre, l’étude souligne que les investisseurs actifs contribuent à la formation des prix et à la gouvernance d’entreprise par le biais de l’analyse des sociétés, de la recherche, d’un dialogue continu avec la direction et de l’exercice des droits des actionnaires. Cela pourrait contribuer à maintenir un environnement de marché des capitaux diversifié et compétitif, en particulier en Europe.
La concentration croissante des actifs dans des indices mondiaux, principalement dominés par les États-Unis, et dans des structures de fonds indiciels cotés (ETF) pourrait également avoir des implications pour l’allocation des capitaux et le financement des entreprises européennes. La gestion active pourrait jouer ici un rôle complémentaire en investissant les capitaux de manière ciblée, sur la base d’une analyse fondamentale.
Gestion active: quand peut-elle générer de la valeur ajoutée?
La clé du succès des stratégies d’investissement actives ne réside pas dans leur appellation, mais dans leur degré d’indépendance réel par rapport à un indice de référence. Les résultats montrent que les fonds d’actions présentant un «Active Share» élevé – c’est-à-dire un écart significatif par rapport à l’indice de référence – sont particulièrement susceptibles d’offrir de meilleures perspectives de surperformance durable à long terme.
Les fonds les plus performants étaient ceux présentant une «Active Share» supérieure à 80% et commercialisés dans un environnement transfrontalier et hautement concurrentiel. Sur des périodes glissantes de cinq ans, ils ont enregistré une surperformance annuelle moyenne de 0,7% après frais. Parallèlement, l’analyse suggère que la probabilité d’une surperformance durable diminue à mesure que le portefeuille suit de près son indice de référence.
Les approches actives présentent également des avantages sur les marchés obligataires. Cela s’est avéré particulièrement évident dans le cas des stratégies obligataires flexibles, où 97% des fonds analysés en Europe ont réussi à surperformer leur indice de référence sur une période de cinq ans.
Cela s’explique notamment par les caractéristiques structurelles des marchés obligataires. Contrairement aux indices boursiers, les indices obligataires sont pondérés en fonction du volume de la dette en circulation et ne reflètent donc pas nécessairement la solidité financière d’un émetteur. À cela s’ajoutent une liquidité plus faible, une forte fragmentation du marché et la nécessité de gérer activement les échéances, les risques de crédit et les segments de marché. Dans ce contexte, l’analyse, la sélection des titres et la flexibilité peuvent contribuer de manière significative à la performance.
La transparence et la diversification, fondements de décisions d’investissement éclairées
Ce qui importe le plus aux investisseurs, ce n’est pas de savoir si une stratégie est qualifiée d’active ou de passive, mais comment elle est réellement mise en œuvre. La transparence concernant la composition du portefeuille et les écarts par rapport à un indice de référence aide les investisseurs à mieux évaluer les opportunités, les risques et les sources de création de valeur potentielle.
Lorsque les gérants actifs disposent d’une marge de manœuvre suffisante, ils peuvent tirer parti d’opportunités supplémentaires en matière de diversification et de gestion des risques. Une communication plus claire sur des indicateurs tels que l’Active Share permettrait aux investisseurs de comparer plus facilement les différentes approches d’investissement et de prendre des décisions éclairées.
Maxime Carmignac, PDG de Carmignac UK: «L’étude montre que le débat devrait moins porter sur les catégories et davantage sur la conception spécifique des stratégies d’investissement. Ce qui importe, c’est la manière dont les capitaux sont investis, le rôle que jouent les différentes approches au sein du système financier et leur degré de transparence vis-à-vis des investisseurs. Les résultats suggèrent qu’une approche d’investissement véritablement indépendante peut ouvrir des opportunités qui ne peuvent être reproduites dans la même mesure par les stratégies de suivi d’indices. Parallèlement, les investisseurs actifs contribuent au financement des entreprises, à la formation des prix sur les marchés et à une diversification plus large de l’allocation des capitaux.»
À propos de l’étude et de la méthodologie
L’étude intitulée «Gestion active: un moteur de surperformance, de souveraineté financière européenne et de protection des investisseurs» a été élaborée conjointement par Carmignac, BDL Capital Management, CIAM, Comgest, Edmond de Rothschild Asset Management, IVO Capital et Moneta. Elle examine le rôle des stratégies d’investissement actives dans les secteurs des actions et des titres à revenu fixe, ainsi que leur importance pour l’allocation des capitaux, le financement des entreprises, la structure des marchés et les intérêts des investisseurs.
L’étude a analysé des fonds d’actions européens, mondiaux et des marchés émergents dont les actifs sous gestion s’élevaient en moyenne à au moins 300 millions d’euros. Elle a porté sur des périodes glissantes de cinq ans comprises entre 2015 et 2024. Les indices MSCI Europe, MSCI Emerging Markets et MSCI All Country World ont servi de références. Parmi d’autres indicateurs, l’étude a évalué le rendement excédentaire annualisé après frais, la perte maximale et le ratio de capture à la baisse.
Pour le segment des titres à revenu fixe, diverses catégories Morningstar ont été analysées, et les résultats des fonds actifs ont été comparés à leurs indices de référence respectifs.