La transition énergétique à l'épreuve de la discipline économique

Communiqué, Colombus Consulting

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«En Suisse, cette équation est encore plus stratégique, car elle se double d’un enjeu de sécurité d’approvisionnement et d’intégration au marché européen.», commente Jean Meneveau, directeur associé chez Colombus Consulting.

Le cabinet de conseil Colombus Consulting publie la 11e édition de son baromètre sur la santé financière des producteurs d'électricité en Europe, avec un focus sur le marché suisse. Le fil conducteur de cette édition: la transition à l'épreuve de la discipline économique. En 2025, le secteur sort de deux années exceptionnelles: les marges se compriment, la production suisse recule, et la flexibilité devient le principal levier de résilience.

Les performances d'acteurs nationaux comme Alpiq illustrent la normalisation d'un secteur en pleine recomposition: l'entreprise voit son chiffre d'affaires reculer de 7% et son EBITDA de 41%, pénalisée par l'arrêt non planifié de la centrale de Gösgen, des apports hydrologiques plus faibles et une contribution réduite du trading. Le groupe conserve toutefois une stratégie centrée sur la flexibilité – optimisation du parc hydraulique suisse, batteries en Europe, actifs thermiques flexibles – pour mieux sécuriser ses revenus dans un environnement de marché plus volatil.

À l'échelle européenne, les producteurs d'électricité ont vu leurs résultats reculer après deux années exceptionnelles: le chiffre d'affaires agrégé baisse de 3,0% et l'EBITDA de 9,2%, traduisant une compression des marges dans un environnement moins porteur. La pression concerne surtout les acteurs les plus exposés aux prix de marché ou disposant de revenus moins sécurisés.

Pour faire face à cette pression durable sur les marges, les grands énergéticiens privilégient désormais la sécurisation des revenus : contrats de long terme (PPA), Contracts for Difference, revenus régulés, mécanismes de capacité et couvertures. En Suisse, cette logique prend une dimension particulière avec la valorisation de la flexibilité hydraulique, du stockage et des actifs pilotables. Dans un système plus volatil et plus capitalistique, la visibilité des flux devient aussi stratégique que la capacité installée.

En Suisse, l'édition 2026 met en lumière un tournant historique. La production nationale recule à 67,7 TWh en 2025, contre 81,1 TWh en 2024 (-16,5%), sous l'effet d'une production hydraulique plus faible et de l'arrêt prolongé de Gösgen, tandis que le solaire poursuit sa progression (+34,6% de part dans la consommation finale entre 2024 et 2025). Avec un taux d'indépendance énergétique de seulement 32% et une prime de prix persistante (environ 102 €/MWh) liée aux contraintes d'interconnexion, la Confédération est confrontée à trois choix structurants:

  • clarifier la place du nucléaire dans le futur mix énergétique, alors que le Parlement a validé en juin 2026 le contre-projet autorisant de nouvelles centrales;
  • accélérer les renouvelables tout en répondant à la saturation des réseaux;
  • renforcer son intégration au marché européen via l'accord sur l'électricité signé le 2 mars 2026.

Autant de dossiers qui, à l'horizon 2026-2027, seront le véritable juge de paix de la politique énergétique helvétique.

«La transition énergétique ne se joue plus seulement sur le terrain de l'ambition climatique: elle se joue désormais aussi sur celui de la discipline économique, de la sécurisation des revenus et de la capacité à financer les infrastructures critiques. En Suisse, cette équation est encore plus stratégique, car elle se double d’un enjeu de sécurité d’approvisionnement et d’intégration au marché européen.», commente Jean Meneveau, directeur associé chez Colombus Consulting.


L'étude complète et les infographies associées sont disponibles en PDF ci-dessous.

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