La hausse du prix du pétrole ravive les risques de stagflation

Marie Thibout, Mirabaud Asset Management

1 minute de lecture

L’impact économique de la guerre en Iran dépendra de la durée du conflit.

 

Le mois de février a été marqué par une montée des tensions au Moyen Orient, notamment en raison des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, qui ont accru les risques géopolitiques dans la région. Il est encore trop tôt pour mesurer l’impact économique potentiel de cette guerre, lequel dépendra de la durée du conflit et de ses effets sur les prix de l’énergie. L’Iran n’étant plus un producteur majeur de pétrole, les risques portent surtout sur la logistique: une perturbation du détroit d’Ormuz, par où transite près d’un tiers du pétrole mondial transporté par mer, ou des attaques ciblant les infrastructures régionales pourraient peser sur l’offre et provoquer une nouvelle flambée des prix. Dans ce contexte, le prix du baril de Brent a dépassé les 100 dollars.

Parallèlement, l’actualité politique américaine est restée intense, notamment sur le front commercial. Le verdict de la Cour suprême invalidant une partie des droits de douane existants a conduit l’administration Trump à instaurer en urgence de nouveaux droits généralisés pour 150 jours. Pour les entreprises, le soulagement financier reste limité et ne compense pas le retour d’une forte imprévisibilité, d’autant plus que d’autres outils juridiques permettent encore la mise en place de droits supplémentaires ciblés par secteurs ou par pays. 

Bien que le verdict de la Cour suprême ne nous amène pas à changer notre scénario de base (Goldilocks), la récente hausse des prix du pétrole nous conduit en revanche à augmenter progressivement le poids attribué à notre scénario adverse de stagflation. Cette réévaluation reste graduelle, la trajectoire des prix de l’énergie demeurant incertaine et dépendante de négociations longues et difficiles.

Comment investissons-nous? 

Le scénario Goldilocks impliquant une croissance et une inflation modérées reste notre scénario de base, mais les risques de stagflation augmentent. 

Dans ce contexte: 

  • Nous avons réduit les actions émergentes qui sont les plus vulnérables à la hausse du prix du pétrole. Après avoir neutralisé cette position, nous sommes légèrement sous-pondérés actions 
  • Nous avons diminué notre biais sur les secteurs de croissance et avons notamment neutralisé notre positionnement sur le secteur des technologies de l’information aux Etats-Unis; 
  • Nous avons à nouveau renforcé notre sous-pondération sur les obligations souveraines et continuons de favoriser les maturités plus courtes, moins sensibles aux craintes liées à l’inflation et à la soutenabilité de la dette publique  
  • Nous restons surpondérés sur l’or et les fonds de hedge funds qui constituent une diversification robuste notamment face aux risques géopolitiques actuels. 

A lire aussi...