La biotech renaît grâce aux fusions et à des innovations majeures

Emmanuel Garessus

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Le secteur profite des acquisitions, des innovations et d’une sous-évaluation, selon Pictet.

©Keystone

 

La biotech est de retour. L’indice Nasdaq Biotech gagne plus de 50% sur un an et 6% cette année. Le secteur profite du contexte macro, de nombreuses acquisitions (M&A), d’une faible valorisation et d’innovations bien réelles, indique jeudi Lydia Haueter, Senior investment manager auprès de Pictet Asset Management, lors d’un Webinaire. L’établissement dispose d’une longue expérience dans ce domaine. La biotech a été la première stratégie thématique du gérant genevois, puisqu’elle y a fait ses débuts en 1995.

Aujourd’hui la branche retrouve l’intérêt des investisseurs, mais l’a-t-il vraiment perdu durablement? Depuis 1995, la performance de la biotech a fait mieux que celle de l’indice S&P 500. Toujours est-il qu’une évolution majeure émerge dans la santé. La biotech est devenue «le moteur de l’innovation et une source externe de R&D pour les grands groupes pharmas», déclare Lydia Haueter. La gérante en veut pour preuve que 70% des approbations de molécules par la FDA provient de la biotech. De nouvelles classes de médicaments font leur apparition qui devraient largement soutenir les ventes. Lydia Haueter cite des domaines thérapeutiques tels que l’amylose à transtyrétine (ATTRT), considéré comme «l’Alzheimer du coeur», les promesses du Daraxonrasib dans l’oncologie (cancer du pancréas), des indications cardiovasculaires comme l’hypertension.

Ces espoirs thérapeutiques ne reposent pas sur les promesses de l’IA. Pour la gérante, si la Big Tech s’attend à des miracles de la part de l’IA, la réalité est différente dans la biotech. La branche en attend toutefois une accélération des procédés régulatoires et de la R&D, mais l’IA ne règle pas le besoin de statistiques de grande qualité. Enfin les délais d’études cliniques et toxicologiques n’en seront pas comprimés.

«Sur le plan boursier, la valorisation de la biotech est attractive puisqu’elle se situe à environ 30% de sa «juste valeur».

Après trois années de consolidation, la biotech est partie à la hausse l’an dernier en raison notamment d’innombrables opérations de fusions et acquisitions. Uniquement au sein des sociétés cotées, le montant des transactions est passé de 23 à 80 milliards de dollars pour une valeur moyenne de 6,1 (2,5) milliards de dollars. A titre d’exemple, on citera le rachat par Novartis d’Avidity Biosciences pour 12 milliards et les 14,6 milliards dépensés par Johnson & Johnson pour racheter Intra-Cellular.

Nombreuses acquisitions à venir

La vague d’acquisitions n’est pas prête de retomber, selon la gérante. Les plus grands groupes pharmas regorgent de cash, puisqu’elles pourraient reprendre l’ensemble des biotechs si elles le désiraient. D’autant plus si elles utilisaient un effet de levier. Mais elles s’évertueront plutôt à sélectionner les biotechs les plus prometteuses. De plus, la fin de la protection de médicaments par les brevets et des bilans en bonne santé les incitent à passer à l’action. Pictet parle de pertes de chiffre d’affaires cumulées de 400 milliards de dollars d’ici 2030, dont 111 milliards pour la seule année 2026.

Valorisation attractive

Sur le plan boursier, la valorisation de la biotech est attractive puisqu’elle se situe à environ 30% de sa «juste valeur». Elle se traite sur le plan historique à 2,8 fois la valeur intrinsèque par rapport au cash, contre une moyenne allant de 2 à 4. Elle se situe environ 30% en dessous de sa valorisation correcte. En outre, la corrélation avec l’indice générale est faible.

Si plusieurs secteurs de la cote son pénalisés par la géopolitique, la biotech a l’avantage de ne pas être pénalisée par les droits de douane, puisque la production est déjà largement concentrée aux Etats-Unis. De plus, les taux d’approbation de médicaments par la FDA ne sortent pas de la moyenne historique.

Lydia Haueter, qui s’attend à la poursuite de la tendance favorable, apprécie particulièrement les petites et moyennes capitalisations et investit à plus de 90% en Amérique du Nord. Elle présente notamment Revolution Medicines, dans les cancers induits par les mutations des gènes de la famille RAS, Axsome, dans la santé mentale, ou Ionis dans les nouvelles technologies.

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