L’emploi américain rebondit

Axel Botte, Ostrum AM

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La thématique de l’IA doit désormais composer avec le poids des introductions en bourse à venir.

© Keystone

 

Le marché anticipe désormais une hausse des taux de la Fed après des chiffres de l’emploi mieux orientés. Le T-note repasse au-dessus de 4,50%, tandis que la perspective d’une introduction en bourse de SpaceX pèse sur les marchés actions.

Les marchés de taux restent soumis à la volatilité du pétrole et à l’absence d’avancées concrètes vers une sortie de crise en Iran. Parallèlement, l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed alimente les commentaires de membres du FOMC appelant à une politique monétaire moins accommodante aux Etats-Unis, d’autant que les chiffres de l’emploi s’améliorent. La hausse effrénée des valeurs liées à l’IA suscite désormais des prises de bénéfices, notamment en Asie, alors que les investisseurs devront aussi faire de la place dans les portefeuilles avant l’introduction en bourse de SpaceX. Les taux longs oscillent autour de 4,50% sur le T-note et de 3% sur le Bund. Les spreads de crédit, tout comme la volatilité actions, restent contenus.

Des créations d’emplois concentrées dans quelques secteurs

Les données du marché du travail américain s’améliorent depuis la mi-mars. L’économie américaine a créé 172’000 emplois en mai, après 179’000 en avril après révisions. Le bémol tient au fait que l’essentiel des créations d’emplois privés (+120’000) reste concentré dans les secteurs de la santé et des loisirs. Les salaires horaires moyens poursuivent ainsi leur décélération (+3,4% en mai) et ne compensent plus l’inflation sur un an. La stabilité du taux de chômage à 4,3% de la population active masque par ailleurs une baisse significative des taux de participation et d’emploi, qui s’accélère depuis l’automne.

Cette configuration est sans doute l’une des plus délicates pour Kevin Warsh, qui présidera son premier FOMC le 17 juin prochain. La croissance semble s’améliorer, mais dépend de manière disproportionnée des investissements liés à l’IA et de la consommation du premier décile de revenu. En Europe, l’activité s’est contractée de 0,2% au premier trimestre. Le retournement des enquêtes est significatif en avril et en mai, tandis que l’inflation accélère à 3,2% en mai. Le choc énergétique (+10,9%) se diffuse à l’inflation des services (+3,5%) et, plus généralement, à l’inflation sous-jacente (+2,5%).

Le marché teste l’appétence de la Fed

Sur les marchés financiers, les membres de la Fed favorables à une politique moins accommodante sont confortés par l’amélioration de l’emploi. Le rendement du 10 ans américain repasse ainsi au-dessus de 4,50%. Les volumes d’options de vente sur le T-note ont fortement augmenté ces dernières semaines, ce qui pourrait indiquer une certaine résistance à la hausse des rendements. Le discours de Kevin Warsh revêtira donc une importance particulière. Le marché testera l’appétence de la Fed à relever ses taux, alors qu’il intègre désormais une hausse d’ici la fin de l’année. Il en résulte un net aplatissement du spread 2-10 ans.

Le Bund reste sans tendance claire autour de 3%. La volatilité s’atténue quelque peu après une période marquée par les variations abruptes du pétrole. Le prix du baril évolue légèrement sous les 100 dollars. Les points morts d’inflation à long terme ont légèrement reflué. Les spreads souverains évoluent peu. Le spread de la dette française s’élargit de 3 points de base sur la semaine, à 65 points de base. Le BTP italien se traite à 75 points de base avant le lancement d’un nouvel emprunt indexé destiné aux ménages, qui pourrait alléger le calendrier d’émissions dans les prochaines semaines.

Crédit stable, actions en retrait

De même, le spread de crédit investment grade reste stable à 65 points de base contre swap. Les flux d’investissement vers les fonds de crédit ont ralenti, mais demeurent majoritairement entrants. Le resserrement des spreads high yield reste, lui, très marqué, avec une contraction de 23 points de base en un mois.

Les marchés actions marquent le pas en fin de semaine sur fond de prises de bénéfices. La thématique de l’IA doit désormais intégrer le poids des introductions en bourse à venir.

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