L’indice Raiffeisen PMI PME a progressé de 49,7 à 50,5 points en septembre et se situe donc à nouveau juste au-dessus du seuil de croissance des 50 points. Cette progression s’explique surtout par la hausse de l’indicateur des carnets de commandes (de 50,0 à 52,6 points). Les sous-indicateurs de la production (de 49,5 à 50,5 points) et de l’emploi (de 49,5 à 51,1 points) ont éga-lement progressé, signalant une légère expansion.
Le deuxième relevé depuis l’augmentation des droits de douane US de 10% à 39% ne met donc pas en évidence de dégradation supplémentaire pour l’industrie suisse dans son ensemble. Cela ne s’applique toutefois qu’aux entreprises nationales et aux PME exportatrices qui ne réalisent pas d’opérations aux Etats-Unis. Les PME suisses actives sur le marché américain, en revanche, conti-nuent de souffrir: la majorité d’entre elles rapportent une nouvelle baisse d’activité en septembre, après l’effondrement d’août.
Malgré ce recul, les entreprises concernées ne jugent pas la situation comme critique, comme le montre une enquête spéciale de Raiffeisen. Près de 40% des PME interrogées ayant des activités aux Etats-Unis jugent la situation commerciale actuelle satisfaisante, près de 30% même bonne. Un peu plus d’un quart la jugent mauvaise et seulement 4% très mauvaise. Par rapport aux PME exportatrices sans activité aux Etats-Unis, la valorisation est certes plus faible, mais pas spectacu-laire. Avant le relèvement des droits de douane de 10 à 39%, la situation de départ était solide. En outre, les PME disposant de sites sur place semblent avoir réussi à constituer des stocks à temps, ce qui retarde l’impact tarifaire. Les entreprises concernées s’attendent toutefois à une évo-lution négative pour les six prochains mois. En effet, plus de 40% des PME exportant vers les Etats-Unis s’attendent à une détérioration de la situation.
Environ 35% tablent sur une stagnation, tandis qu’environ un quart mise sur une amélioration. Globalement, les perspectives des exportateurs vers les Etats-Unis demeurent négatives, mais ne diffèrent guère de celles des PME orientées vers d’autres marchés. Cela s’explique probablement par l’espoir que les entreprises impactées parviennent à absorber le surcoût douanier ou que le taux de 39% ne dure pas. A l’inverse, les entreprises industrielles à l’activité purement nationale sont nettement plus optimistes: seules 12% des PME interrogées prévoient une certaine détérioration de la situation des affaires au cours des six prochains mois, tandis qu’elles sont plus du double à en attendre une amélioration.


