G7 et match

Yves Hulmann

1 minutes de lecture

Le sommet aura surtout permis à Donald Trump de montrer qu’il était toujours capable de définir l’agenda des négociations.

Six contre un. Sept plus un, si la Russie était revenue. A la lecture des multiples commentaires et analyses publiés ces derniers jours à propos de la tenue du G7 qui s’est déroulé samedi et dimanche au Québec, il était parfois difficile de savoir si l’on assistait à un match à Roland Garros ou à un sommet politico-économique.

Six contre un, c’est bien sûr l’opposition entre les Etats-Unis et les autres membres du G7, constitués par l’Allemagne, le Canada, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni, au sujet du dossier des taxes douanières. 

Sept plus un, c’est la proposition de dernière minute qui avait été formulée vendredi par Donald Trump, visant à réintégrer la Russie au sein du groupe des plus grandes économies développées. Le pays en avait été exclu en 2014, en rétorsion à l’annexion de la Crimée par la Russie. Dimanche, le club des sept a toutefois rejeté cette proposition alors que la réunion s’est terminée dans un climat pour le moins tendu. 

La rencontre du week-end n’a apporté aucune réponse aux grands enjeux.

Au final, la rencontre aura surtout permis, une fois de plus, de démontrer le caractère hautement imprévisible du président américain.

S’il est une discipline que le Donald Trump maîtrise à la perfection, c’est celle du volte-face de dernière minute. Alors que les participants semblaient être parvenus, samedi, à s’accorder sur un compromis sur les questions commerciales, le président américain a brusquement changé d’avis durant le vol qui le menait vers Singapour où il doit rencontrer le président nord-coréen Kim Jong Un. Via un tweet envoyé depuis son avion Air Force One, il a fait savoir qu’il retirait son soutien à un document en 28 points - accepté tout juste quelques heures auparavant par le président américain et sa délégation.

Que retenir sinon de ce sommet ? Sur le plan commercial et tarifaire, la rencontre du week-end dernier n’a apporté aucune réponse aux grands enjeux du moment - au contraire. Non seulement, Donald Trump n’abandonne pas son projet de surtaxe sur l’acier et sur l’aluminium, qui affectera en particulier le Canada, mais en plus il menace de les alourdir. Plus grave en ce qui concerne l’Europe, Donald Trump a réitéré sa menace d’imposer des droits de douane renforcés sur les voitures européennes et étrangères importées aux Etats-Unis.

L’attention se tournera très vite vers la rencontre
entre Donald Trump et Kim Jon Un à Singapour.

Paradoxe de cette rencontre à six contre un, c’est le président américain qui – en dépit de son isolement au sein du groupe des sept plus grandes économies du monde développé – est parvenu à continuer de dicter l’agenda des négociations. 

Faut-il s’inquiéter de l’échec de ce sommet très attendu? Comme souvent, l’attention des médias et des marchés se tournera cette semaine très vite vers d’autres sujets de préoccupations. D’autant qu’il ne faudra pas attendre longtemps pour assister à un nouveau sommet inédit. Mardi, c’est la rencontre entre Donald Trump et Kim Jon Un à Singapour – sauf annulation de dernière minute - qui occupera le devant de la scène. Le chien aboie, la caravane passe.