La productivité du travail en France a reculé de 2,2% du deuxième trimestre 2019 au deuxième trimestre 2025. Nous nous demandons comment le coût de ce recul de la productivité a été partagé entre les ménages, les entreprises et l’Etat. Le pouvoir d’achat du revenu disponible des ménages a progressé de 7,5% depuis le début de 2019; cela ne vient pas de la progression des salaires par tête (le salaire réel par tête a reculé de 2,5% depuis le début de 2019), mais de celle de l’emploi (+5,9% depuis le début de 2019) et de celle des prestations sociales (+3,4% en 2023 depuis le début de 2019 en termes réels).
Depuis 2019, le taux de marge des entreprises a augmenté, de 36,1% à 36,7%. Enfin, le déficit public s’est creusé de 2,4% du PIB en 2019 à 5,4% du PIB prévus en 2025 pour le déficit total, de 0,9% du PIB en 2019 à 3,2% du PIB en 2025 pour le déficit primaire (hors intérêts sur la dette publique).
Cela montre que le recul de la productivité du travail n’a eu de conséquences négatives que sur l’Etat, sur les finances publiques. En réalité, l’Etat a assuré les ménages et les entreprises contre les effets du recul de la productivité.
Mais ce partage du coût du recul de la productivité ne peut pas être prolongé. Aujourd’hui, le déficit public primaire doit être fortement réduit pour stabiliser le taux d’endettement public; si la productivité ne se redresse pas, il y aura inévitablement un recul du revenu réel des ménages et des profits réels des entreprises.