France: la conjoncture ne rebondit pas

Philippe Waechter, Ostrum AM

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La tendance de la croissance française est inférieure à 1,5% par an et il y a peu de chances que cela change.

Les chefs d’entreprise ne s’attendent pas à un rebond de la croissance au troisième trimestre. C’est le message issu des enquêtes menées auprès d’eux tant par l’INSEE que par l’institut Markit. La croissance devrait donc se caler sur 1,5% pour 2018. Cela veut dire que la croissance attendue pour 2019 serait de l’ordre de 1,4%.

Du côté de l’INSEE les différents indices sectoriels et l’indice global sont en recul à l’exception de celui de l’industrie qui se stabilise à un niveau plus faible qu’il y a quelques mois. L’allure des enquêtes montre peu ambiguïtés. Depuis le point haut de décembre 2017, l’indicateur du climat des affaires s’infléchit mois après mois.


 

L’indicateur Markit pour l’ensemble de l’économie française ne donne pas un signal beaucoup plus optimiste. Depuis les points hauts de la fin de l’année 2017, l’indice synthétique est en net repli en phase avec l’inflexion constatée dans la croissance du PIB.


 

La comparaison des deux enquêtes ne suggère pas un rebond spontané de l’activité française. L’accélération de 2017 est passée. Ces indicateurs indiquent que l’économie française n’a pas pu continuer au rythme observé en 2017 et qu’elle s’ajuste à une allure plus soutenable. Elle est en passe de se stabiliser.


 

Cependant les indicateurs de commandes sont moins optimistes qu’il y a quelques mois. Que ce soit les commandes globales ou les commandes étrangères, il n’y a plus d’impulsion marquée contrairement à l’accélération observée en 2017. L’activité s’ajuste sur une trajectoire moins rapide. Cette moindre dynamique s’observe aussi à l’échelle de la zone euro. La croissance est moins vive et se cale sur un profil plus soutenable à moyen terme c’est ce qui explique cette inflexion sur les commandes étrangères. En outre, les incertitudes provoquées par la politique de la Maison Blanche sur le commerce mondial ne jouent pas en faveur d’une reprise rapide.


 

Les chefs d’entreprise, dans l’industrie, s’attendent toujours à une accélération de l’investissement de +4% en 2018 après 5% en 2017. C’est ce que suggère une autre récente enquête de l’INSEE. On peut s’interroger néanmoins sur le dynamisme de l’investissement des entreprises au regard des commandes passées dans les biens d’investissement. Depuis la fin de l’année, les commandes se sont stabilisées et sont un peu en déclin depuis 4 mois. Cela ne suggère pas une accélération de l’investissement comparable à celle de 2017.

 
La dernière question est celle de la croissance. Les données publiées ne suggèrent pas une réaccélération de l’activité au troisième trimestre à 0,4% comme le suggère la banque de France. Je reste calé sur 1,5% de croissance en 2018, ce qui avec une croissance de 0,35% par trimestre en 2019 donnerait une croissance annuelle moyenne de 1,4%.
La croissance exceptionnelle de 2017 avait, par définition un caractère exceptionnel. La tendance de l’économie française est inférieure à 1,5% par an et sans impulsion particulière n’imaginons pas que l’on puisse repasser spontanément au-dessus de ce chiffre.

Le graphique ci-dessous traduit bien le caractère particulier de 2017 et le retour à la tendance de long terme après cette année exceptionnelle.


 

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