Fed: l’équilibre impossible

Vincent Lagger, Swisscanto

1 minute de lecture

Graphique de la semaine de Swisscanto. Entre une inflation dopée par les tarifs douaniers et un marché du travail fragile, la Réserve fédérale s’avance vers sa session de septembre sous pression politique.

©Keystone

 

Inflation tenace, chômage en hausse: la Réserve fédérale affronte un dilemme classique mais d’une intensité rare. Le verdict du 17 septembre pourrait peser lourd sur les marchés.

Le double mandat de la Réserve fédérale – stabilité des prix et plein emploi – n’a jamais semblé aussi difficile à concilier. Le graphique croisant inflation et chômage depuis 2019 illustre à quel point les équilibres se sont déplacés. La crise sanitaire avait mis l'économie américaine à genou en provoquant d'importants déséquilibres sur le marché du travail puis sur les chaînes d'approvisionnements mondiales, avec à la clé un débat clivant autour de la persistance de l'inflation. a la faveur des actions conjointes des gouvernements et des banques centrales, la reprise fut vigoureuse et le cycle conjoncturel semble depuis lors ne jamais vouloir ralentir, laissant l'économie américaine dans une situation de «goldilock». Néanmoins, sous les coups de butoir de l'administration Trump, l’économie américaine entre dans une zone grise.

D’un côté, l’inflation refuse de céder franchement, entretenue par la hausse des droits de douane et par la réorganisation des chaînes d’approvisionnement. Les anticipations restent mal ancrées, ce qui limite la marge de manœuvre de la Fed. De l’autre, le marché du travail donne des signes d’essoufflement: créations d’emplois plus modestes dans les secteurs clés, taux de participation en baisse, confiance des ménages et des PME en berne face aux incertitudes politiques.

Ce contexte met le comité de la Fed face à un dilemme : serrer davantage la vis monétaire au risque d’accentuer le ralentissement dans un contexte de taux réels très élevés, ou relâcher trop tôt la pression et relancer ainsi une spirale inflationniste. La pression s’accroît à mesure que l’échéance du 17 septembre approche, d’autant que la Maison Blanche multiplie les signaux d’ingérence, cherchant à infléchir le débat sur les taux dans un contexte électoral déjà tendu. Les prochains rapports économiques joueront un rôle crucial au moment de valider le scénario attendu d'une baisse de taux.

A lire aussi...