L’économie suisse s’est fortement contractée au troisième trimestre. Mais c’était la réaction inévitable aux effets d’anticipation sur les exportations liés aux droits de douane, qui avaient fortement soutenu la croissance auparavant. Après la conclusion de l’accord douanier avec les Etats-Unis, les perspectives à l’exportation sont certes beaucoup moins menaçantes, mais le vent contraire persiste pour l’industrie. Nous maintenons ainsi notre prévision prudente de croissance du PIB de 1,0% pour l’année prochaine. Avec le désarmement douanier et la stabilité du taux de change EUR/CHF, la BNS n’a actuellement aucune raison de resserrer la vis des taux d’intérêt.
Malgré toutes les incertitudes et les multiples difficultés auxquelles se heurte le commerce international, la conjoncture mondiale se montre résistante et les taux de chômage restent modérés ou faibles dans la plus grande partie des pays. La Suisse enregistre pour sa part une assez forte hausse du chômage par rapport au reste du monde. Depuis déjà plus de deux ans et demi, le chômage augmente lentement mais régulièrement. Le taux de chômage a presque autant augmenté que dans le contexte de la crise financière mondiale (cf. graphique). Mais cette hausse part d’un niveau très bas, et le taux de chômage de 3,0% n’est pas encore alarmant.
Le ralentissement persistant sur le marché de l’emploi suisse montre qu’il ne s’agit pas d’un phénomène lié aux droits de douane, mais principalement des effets de plusieurs années de marasme industriel en Europe. Les vents contraires, qui soufflent depuis assez longtemps, maintiennent le taux d’utilisation des capacités de nombreuses entreprises industrielles à un faible niveau. Le temps passant, les fabricants ont eu de plus en plus de mal à éviter les licenciements. La solide demande de main-d’œuvre dans le secteur des services a plus que compensé le recul de l’emploi dans l’industrie pendant une longue période. Alors que la création d’emplois se poursuit dans les secteurs des services paraétatiques, la demande de main-d’œuvre dans les secteurs des services plus sensibles à la conjoncture a dernièrement considérablement diminué.
Suite à l’accord intervenu dans le litige douanier, il y a de bonnes chances pour que les suppressions d’emplois dans l’industrie ne s’accélèrent pas davantage, mais s’atténuent progressivement l’année prochaine grâce à une stabilisation de la demande dans l’industrie européenne. C’est pourquoi la demande de main-d’œuvre dans le secteur des services ne devrait pas être davantage affectée. A court terme, nous tablons donc certes sur une poursuite de la hausse du chômage. Au cours de l’année prochaine, la faiblesse du marché de l’emploi devrait toutefois s’atténuer progressivement et maintenir le taux de chômage à un niveau inférieur à 3,5%.