Entre prudence et confiance
Les investisseuses et investisseurs traversent actuellement une tempête émotionnelle. D’une part, l’inquiétude concernant la conjoncture prédomine. En outre, des doutes planent quant aux objectifs de croissance et aux valorisations élevées dans le secteur des technologies. D’autre part, les acteurs boursiers espèrent que la Réserve fédérale américaine (Fed) baissera son taux directeur le 10 décembre. Les résultats négatifs du rapport sur l’emploi dans le secteur privé des Etats-Unis ont alimenté ces attentes. Par ailleurs, les spéculations autour d’une éventuelle nomination de Kevin Hassett à la tête de la Fed suscitent la confiance, car le principal conseiller économique du gouvernement est considéré comme un partisan d’une politique monétaire accommodante. En fin de compte, l’ambiance sur les marchés boursiers n’est pas mauvaise, mais elle reste marquée par la prudence. Le bitcoin s’est temporairement de nouveau retrouvé sous pression après la confirmation de l’interdiction des cryptomonnaies par la banque centrale chinoise. Dans le même temps, le cours de l’or s’est maintenu autour de 4’200 dollars l’once, se rapprochant ainsi de son niveau record de 4’381 dollars.
Un début de décembre laborieux
Le marché des actions suisses s’est quelque peu essoufflé au début du dernier mois de négoce de l’année. Vendredi matin, il en résultait une hausse hebdomadaire de 0.5%. Les valeurs du fabricant d’accessoires informatiques Logitech ainsi que celles des deux géants pharmaceutiques Novartis et Roche étaient très demandées. Ces derniers ont bénéficié de l’autorisation aux Etats-Unis et en Europe d’un test de dépistage de la coqueluche. Les valeurs financières Swiss Re, Partners Group et Leonteq ont notamment fait l’objet d’une forte pression à la baisse.
Gros plan sur les carry trades en yen
Le contexte de taux bas qui a duré des années au Japon a incité les investisseurs (institutionnels) à emprunter des yens à des taux avantageux, puis à investir leur capital dans des placements à plus haut rendement, comme les obligations d’Etat américaines (carry trade). Toutefois, les rendements des obligations d’Etat japonaises ont récemment nettement augmenté au vu des attentes du marché concernant un resserrement de la politique monétaire de la Bank of Japan (BoJ) et une politique budgétaire plus souple du gouvernement. Si la tendance se poursuit, de nombreux carry trade en yen risquent d’être liquidés, ce qui pourrait déclencher une correction des cours, comme en août 2024.
La stabilité des prix règne en Suisse
L’inflation en Suisse a baissé de 0,1% à 0,0% en novembre. La baisse des loyers et la force du franc y ont contribué. Malgré cette évolution, nous ne pensons pas que la Banque nationale suisse (BNS) abaissera son taux directeur en territoire négatif. Les dommages seraient trop importants (par exemple pour la prévoyance vieillesse) alors que l’effet sur l’inflation et le taux de change du franc serait trop faible. Dans la zone euro, l’inflation est passée de 2,1% à 2,2%. A terme, elle se rapproche ainsi de l’objectif de 2% de la Banque centrale européenne (BCE). Cependant, les différences entre les Etats sont flagrantes. Ainsi, les prix ont augmenté de 4,1% en Autriche et de 0,8% en France.
L’industrie mondiale paralysée
L’indice des directeurs d’achat (PMI) pour le secteur manufacturier en Europe est tombé à 49,6 points en novembre, repassant sous le seuil de croissance des 50 points. Malgré les mesures fiscales, aucun optimisme n’apparaît. Cela est dû au fait que les investissements prévus ne produiront pleinement leurs effets qu’à plus long terme. Cependant, le moral en berne ne concerne pas uniquement l’industrie européenne. Les PMI correspondants en Suisse, aux Etats-Unis et en Chine sont également en contraction. La récente hausse des commandes chinoises à l’exportation, suite à l’apaisement de la guerre commerciale entre Washington et Pékin, apporte une lueur d’espoir.
La frénésie des achats avant Noël
Entre le jeudi de Thanksgiving et le Cyber Monday, les consommatrices et consommateurs aux Etats-Unis ont effectué des achats sur Internet pour un montant record de 44,2 milliards de dollars. Cela correspond à une hausse de 7,7% par rapport à l’exercice précédent. Les applications basées sur l’IA et les médias sociaux ont joué un rôle déterminant dans la chasse aux bonnes affaires.
Graphique de la semaine
Cette année, les fonds immobiliers suisses sont très prisés par les investisseuses et investisseurs. En conséquence, l’indice SWIIT a poursuivi sa chasse aux records et a atteint un sommet inédit, avec une hausse d’environ 8% depuis le début de l’année. D’une part, l’or en béton suisse profite des faibles taux d’intérêt, qui réduisent les coûts de financement et font ainsi grimper les prix de la propriété du logement. D’autre part, l’écart croissant entre l’offre et la demande fait augmenter les loyers et les prix d’achat. Par ailleurs, les fonds immobiliers améliorent le profil risque-rendement d’un portefeuille, ce qui les rend intéressants du point de vue de la diversification.
GROS PLAN
Chute du cours chez Hugo Boss
En raison de sa réorientation stratégique, le groupe de mode Hugo Boss a mis en garde mercredi contre un recul de son chiffre d’affaires en 2026. L’action a alors perdu 10% de sa valeur.
LE PROGRAMME
Décision des taux aux Etats-Unis
Mercredi prochain, la Réserve fédérale américaine (Fed) discutera de sa politique monétaire. Contrairement à l’opinion du marché, nous n’attendons aucune baisse du taux directeur.