Les menaces douanières restent un des instruments favoris de Donald Trump. Elles continueront à peser sur le commerce mondial et sur le secteur des exportations suisses. Grâce aux effets de l’anticipation des droits de douane, celui-ci a tout de même enregistré des exportations records l’année dernière. En raison de la situation concurrentielle difficile, l’insécurité de l’emploi reste élevée. Malgré des perspectives de croissance inférieures à la moyenne, l’inflation suisse devrait toutefois avoir atteint son point le plus bas. La BNS n’a donc aucune raison de mener une politique monétaire encore plus expansionniste. Par contre, l’arrêt qu’a effectué la BCE en matière de taux d’intérêt, et donc l’écart élevé entre les taux d’intérêt suisses et ceux de la zone euro, est bénéfique.
La croissance économique suisse profite depuis longtemps d’une forte immigration. Cette main-d’œuvre supplémentaire augmente la valeur ajoutée et accroît la demande intérieure. Par contre, l’évolution du PIB par habitant se montre bien moins dynamique. L’immigration joue également un rôle essentiel dans la conjoncture d’autres pays industrialisés.
Aux Etats-Unis, un afflux d’immigrants après la pandémie, associé à des mesures d’aide publique massives, a entraîné une explosion de la demande. Mais depuis le retour de Donald Trump à la présidence, l’immigration est littéralement réprimée par la force. En raison notamment du grand nombre de personnes immigrées sans statut légal, il est difficile de quantifier précisément l’évolution. Selon diverses estimations, l’immigration nette vers les États-Unis pourrait toutefois avoir légèrement baissé l’année dernière pour la première fois depuis la Grande Dépression. Avec la poursuite d’une politique d’immigration rigide, cela signifie une baisse continue du nombre de nouveaux travailleurs sur sol américain. Les entreprises ont récemment signalé à nouveau peiner à recruter de la main-d’œuvre qualifiée.
En revanche, l’économie espagnole bénéficie, depuis quelques années, nettement plus de l’immigration; cela lui permet d’occuper la première place en termes de croissance parmi les grandes économies européennes. L’Espagne a enregistré une émigration nette jusqu’au milieu de la dernière décennie et dans le sillage de la grave crise de l’immobilier et de la dette. L’Allemagne, à la traîne en matière de croissance, a récemment enregistré une baisse de l’immigration, notamment pour des raisons politiques. Après un afflux temporaire mais massif de personnes réfugiées en provenance d’Ukraine, l’immigration nette a fortement diminué.