Différents, mais pas l'un sans l'autre

Carole Millet, SYZ

2 minutes de lecture

La différence du genre existe, mais la complémentarité est le terreau qui nous servira à bâtir un futur basé sur le respect, la tolérance et la bienveillance.

Les discussions sur l’égalité des genres se multiplient mais le débat reste tabou. Dans un monde professionnel masculin, je me suis parfois sentie discriminée et ai dû prouver davantage de perfectibilité dans le travail que mes homologues masculins pour émerger. La différence du genre existe, mais la complémentarité est le terreau qui nous servira à bâtir un futur basé sur le respect, la tolérance et la bienveillance.

Nous fondamentalement différents mais égaux

Si le droit nous veut égaux, avant la naissance, les hommes et les femmes sont fondamentalement différents, comme nous l’enseigne la génétique. Même la médecine s’intéresse de très près aux symptômes des maladies et protocoles de traitements en les différenciant par le sexe. Mais l’histoire de l’humanité a fait les lieux communs que nous connaissons: une femme aura tendance à développer des traits de personnalité féminins, plus émotionnels et liés à la maternité et l’homme répondra aux besoins impératifs de subvenir à sa famille.

Les pays Nordiques ont compris depuis longtemps
que les hommes aussi peuvent s’occuper de leur famille.

Si on se penche justement sur ces aspects – vie familiale et vie professionnelle – des études ont démontré au contraire que, dans une cellule professionnelle, 60% des femmes doivent également répondre à leurs impératifs familiaux contre 40% pour les hommes. Bien souvent, cela est perçu comme une distraction professionnelle. Cependant, les femmes prouvent que l’efficacité ne passe pas forcement par le temps consacré sur le lieu de travail. Bien au contraire, cela requiert une adaptabilité permanente et une excellente gestion du temps. Les pays Nordiques ont compris depuis longtemps que les hommes aussi peuvent s’occuper de leur famille. Mais ailleurs, un homme qui reste à la maison pour s’occuper de sa progéniture demeure incompris. Toutefois, les gouvernements et les politiques trainant le pas dans la marche de l’égalité homme-femme, on a vu naître des initiatives privées de grandes multinationales qui vont dans ce sens comme le congé paternité rémunéré de Netflix et Microsoft.

La différence ne doit pas être un enjeu de pouvoir

Les caractéristiques intra-personnelles des femmes sont également synonymes de succès. Historiquement, les entreprises fructueuses étaient principalement gérées par des hommes. Dans l’imaginaire collectif, un homme représente le management, l’autorité et le pouvoir. Mais, dans notre monde aujourd’hui en profonde mutation, il s’avère que le côté émotionnel des femmes, ou «leadership» participatif, est un atout pour les postes à hautes responsabilités dans les entreprises souhaitant un changement radical. Ces dernières années, j’ai pu observer un changement profond dans l’intégration et la reconnaissance des femmes dans notre métier. Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir...

Nous avons une chance indéniable: celle d’être né(é)s dans un pays où nous pouvons librement parler de nos préoccupations et travailler de concert pour trouver des solutions. Mais la majorité des femmes dans ce monde n’a pas cette chance et, au contraire, leurs conditions se dégradent car peut-être leur existence, leur individualité, leur participation est perçue comme un enjeu de pouvoir.

J’ai eu la chance de côtoyer au cours de ma carrière des femmes de tous horizons et de toutes couches sociales qui m’ont profondément inspirée par leur ténacité, leur positivité et leur volonté altruiste. Ce sont ces femmes qui m’empêchent de douter. Ce sont leurs qualités qui m’inspirent et me donnent l’envie de dire: «Différents, mais pas l’un sans l’autre!».