Coup de semonce

Igor de Maack, DNCA

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Jamais peut-être dans l’histoire de l’humanité, les conditions pour les épargnants ne seront aussi favorables qu’aujourd’hui.


©Keystone

Comme d’habitude, c’est un tweet de Donald Trump sur le sujet de la guerre commerciale qui aura déclenché une correction des marchés actions de l’ordre de 5-6% la semaine dernière. Mais cette fois-ci, la Chine semble, même si elle le nie en façade, avoir répondu avec l’arme de la dépréciation de sa monnaie. Cette déstabilisation de la Chine tombe à un moment où Hong Kong est traversé par un mouvement de colère de jeunes qui n’ont pas vu le miracle chinois continental se concrétiser dans leur vie quotidienne. S’il n’y a aucune chance que ce mouvement se propage sur le continent, la situation reste périlleuse pour le gouvernement chinois car elle constitue un piège et un test aux yeux du monde. 

Le rendement cumulé des obligations suisses, allemandes, anglaises, françaises,
américaines, japonaises et australiennes est au plus bas en 120 ans.

Si le sujet des tarifs douaniers se déplace sur le terrain des changes, alors l’or, la «relique barbare» continuera son envolée puisque les monnaies sans rendement n’auront plus de véritable valeur. L’or redeviendra naturellement un étalon.

Aujourd’hui, si on cumule les obligations souveraines suisses, allemandes, anglaises, françaises, américaines, japonaises et australiennes, le rendement moyen est à son niveau plus bas depuis... 120 ans. Par ailleurs, 2014 actions sur 2847 de l’indice actions monde (MSCI ACWI) possèdent un rendement via leur dividende supérieur de 100 points de base à celui du rendement obligataire mondial. Et 380 actions au sein de cet indice offrent des rendements via leur dividende supérieurs de 500 points de base à celui du rendement obligataire. Tant que la croissance mondiale tient, il paraît difficile de ne pas se constituer un portefeuille d’actions dans un univers sans rendement mais en acceptant une certaine volatilité. 

Avoir une dette à longue duration
à un taux fixe d’environ 1,5% se révèle être un formidable actif.

Les épargnants dans les banques considèrent la dette comme un outil patrimonial. En effet, avoir une dette à longue duration (entre 15 et 25 ans) à un taux fixe d’environ 1,5% se révèle être un formidable actif. Jamais peut-être dans l’humanité, ces conditions ne pourront être réunies. Ces déséquilibres sont, pour l’instant, plutôt bien digérés par les investisseurs mais est-ce soutenable à long terme? Il faut en tout cas espérer qu’à court terme Donald Trump ne saisira pas une nouvelle fois sa chance au G7, qui se tiendra cette année du 24 au 26 août à Biarritz, pour envoyer un tweet aussi dévastateur et violent qu’une pelote basque sur un fronton. 

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