Commentaire hebdomadaire de Raiffeisen

Tobias S. R. Knoblich, Raiffeisen Suisse

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Avec l’expiration de l’accord-cadre, le conflit au Moyen-Orient ne s’arrêtera pas de sitôt. Dans le même temps, la hausse de la dette publique inquiète les acteurs boursiers.

Guerre en Iran et dette publique

L’accord-cadre de 60 jours conclu entre l’Iran et les Etats-Unis est arrivé à échéance sans aboutir à aucun résultat. Les deux parties ont montré peu d’intérêt pour une prolongation. En conséquence, le détroit d’Ormuz, si important pour le négoce mondial de matières premières, reste bloqué, ce qui a renchéri le pétrole (Brent) au-dessus de la barre des 90 dollars US le baril. Sur le marché des capitaux, la hausse des prix de l’énergie due à la guerre et l’inflation tenace qui en a résulté ont fait grimper les rendements des obligations à long terme. Du côté des Etats-Unis, l’endettement public a également attiré l’attention des investisseuses et investisseurs, qui intègrent désormais de plus en plus le risque de voir les dépenses publiques échapper à tout contrôle. En conséquence, les bons du Trésor américain à 30 ans ont temporairement rapporté autant que lors de la crise financière de 2007. Le ministère des finances à Washington a réagi en annonçant un doublement des rachats de titres à longue échéance. Les marchés des actions se sont donc avérés volatils cette semaine.

Les entreprises suisses affichent des chiffres solides

Grâce à une croissance du volume et à des effets de prix positifs, le spécialiste sanitaire Geberit a pu augmenter son chiffre d’affaires de 2,8% au premier semestre, à 1,7 milliard de francs. Au final, son bénéfice net a progressé de 7,4% à 364 millions de francs. Avec ces chiffres, l’entreprise a dépassé les prévisions des analystes. Le deuxième trimestre s’est révélé être un peu moins convaincant pour l’opérateur de télécommunications Sunrise, avec un chiffre d’affaires et un bénéfice en recul. Les principaux facteurs de pression étaient des hausses de prix différées ainsi qu’un ralentissement de la croissance de la clientèle. L’entreprise a néanmoins confirmé ses objectifs financiers. Le fabricant d’implants dentaires Straumann a fait de même grâce à une forte croissance dans toutes les régions. Dans le même temps, il a annoncé à la surprise générale un changement de CEO. Le 1er décembre 2026, Christopher Norbye succédera à Guillaume Daniellot, dirigeant de longue date. Implenia n’a que partiellement dépassé les attentes. L’entreprise de construction a réalisé un chiffre d’affaires moindre au premier semestre, mais a pu augmenter sa rentabilité et donc ses bénéfices. La situation était exactement inverse pour le groupe industriel Huber + Suhner qui a réalisé un meilleur chiffre d’affaires, alors que son bénéfice opérationnel et sa marge ont reculé en raison des investissements pour augmenter ses capacités de production. Le cours de ses actions a réagi mardi en se repliant de 11%. Les valeurs de la pharmacie en ligne DocMorris ont, elles aussi, subi une pression à la baisse malgré ses bons résultats et ses objectifs annuels ambitieux dont une grande partie avait déjà été intégrée dans les cours après la publication, à la mi-juillet, de la mise à jour de son activité de trading. Par ailleurs, son concurrent Redcare a enregistré une croissance nettement plus élevée.

Prix record du cuivre

Le battage médiatique autour de l’intelligence artificielle (IA) augmente la demande en cuivre, qui joue un rôle central dans la fabrication des semi-conducteurs. En conséquence, le prix du métal industriel a grimpé jusqu’à 14’160 dollars US la tonne, un nouveau record, soit une hausse d’environ 13% depuis le début de l’année. 

Le baromètre ZEW progresse

Le faible niveau des eaux a quasiment paralysé la navigation sur le Rhin, qui constitue l’une des principales artères de l’industrie allemande. Malgré cette charge supplémentaire, les experts financiers se montrent plus optimistes quant à l’économie de notre voisin du Nord. Le baromètre établi par le Centre pour la recherche économique européenne (Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung, ZEW) a progressé de 7,9 points pour atteindre 34,2 points en août. Cela s’explique par les solides résultats semestriels de nombreuses entreprises allemandes ainsi que par les exportations record en juin.

Le moteur économique chinois est à la peine

L’économie chinoise a mal démarré le troisième trimestre en raison de la crise immobilière persistante et de plusieurs événements météorologiques extrêmes. La production industrielle n’a augmenté de «seulement» 4,5% en juillet. Les experts avaient prévu une hausse de 4,8%. Les ventes au détail sont également restées en deçà des attentes (+1,5%), avec une croissance de 0,6%.

Graphique de la semaine

 

Ces dernières semaines, l’euro s’est nettement apprécié par rapport au franc suisse. Après une hausse de 94 centimes, il a temporairement atteint des niveaux similaires à ceux de l’année précédente, porté en majeure partie par les prévisions de taux des acteurs du marché qui s’attendent à ce que la Banque centrale européenne (BCE) relève ses taux directeurs, compte tenu de la ténacité de l’inflation. L’avantage de l’euro en matière de taux d’intérêt s’en trouverait ainsi davantage renforcé. Néanmoins, à long terme, les opportunités d’appréciation de cette monnaie demeurent limitées.

GROS PLAN

Les actions Moderna s’envolent

La percée du géant américain de la biotechnologie Moderna dans la recherche d’un vaccin contre le cancer a été bien accueillie par les acteurs boursiers: ses actions ont enregistré mercredi une hausse de 177%, atteignant ainsi leur plus haut niveau depuis le printemps 2023.

LE PROGRAMME

Résultats de Nvidia

Le 26 août, le géant américain des puces électroniques publiera ses chiffres. Tout résultat autre que de nouveaux records risquerait de décevoir les investisseurs.

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