Une course aux records interrompue
Les bourses américaines ont commencé la semaine avec une progression record, avant de marquer une pause en milieu de semaine. Alors que la guerre en Iran est quelque peu passée au second plan, les marchés financiers ont été principalement portés par le secteur technologique. Par exemple, les actions de Hewlett Packard Enterprise ont progressé d’environ un cinquième le jour de la présentation des résultats. De tels bonds boursiers semblent récemment fréquents, mais ils invitent à la prudence. Ils traduisent soit une mauvaise évaluation préalable du marché, soit une tendance à l’exagération des valorisations.
Une bourse suisse prudente
La nouvelle menace de droits de douane US a globalement laissé les marchés boursiers indifférents. La Suisse doit néanmoins répondre d’ici au 6 juillet aux accusations selon lesquelles elle ne lutterait pas suffisamment contre le travail forcé. Par ailleurs, les indicateurs économiques ont retenu l’attention. L’inflation a progressé de 0,2% par rapport au mois précédent, tandis qu’elle est restée stable à 0,6% sur un an. Comparé à l’étranger, ce niveau demeure modéré. Dans la zone euro, l’inflation s’élevait récemment à 3,2%, et aux Etats-Unis à 3,8%. Le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a progressé de 0,4% au premier trimestre, un résultat légèrement inférieur aux attentes. La consommation privée s’est révélée être le principal facteur de ralentissement. Côté entreprises, le fabricant de chocolat Barry Callebaut a présenté plusieurs mesures destinées à relancer sa croissance. Parmi celles-ci figurent la concentration sur dix marchés stratégiques et le développement de cinq domaines de croissance prioritaires. L’accent est notamment mis sur l’amélioration de la proximité avec la clientèle et sur une offre plus différenciée. Sur le plan géographique, l’entreprise entend notamment renforcer sa présence sur le marché nord-américain.
Les actions de Partners Group sous pression
A elles seules, les actions de Partners Group ont perdu 16,3% mercredi, tombant à leur plus bas niveau depuis la crise du coronavirus. Depuis le début de l’année, le titre a ainsi cédé près de 30%. Cette baisse s’explique par une limitation des rachats dans un fonds de private equity. Cette mesure vise à protéger les investisseurs existants en évitant des ventes forcées d’actifs. Elle met toutefois en lumière un problème inhérent à ce type d’investissement: des actifs peu liquides sont intégrés dans des structures offrant une liquidité plus élevée. Ce mécanisme fonctionne tant que l’offre et la demande restent équilibrées.
La bataille pour les capitaux est lancée
La maison mère de Google, Alphabet, a annoncé cette semaine son intention de lever 80 milliards de dollars américains par le biais d’une augmentation de capital. Ces fonds serviront à financer le développement de l’infrastructure d’intelligence artificielle (IA). Au total, l’entreprise prévoit d’investir cette année entre 180 et 190 milliards de dollars dans l’IA. Berkshire Hathaway, la société de participation de Warren Buffett, participera à l’augmentation de capital à hauteur de 10 milliards de dollars. Il semble qu’Alphabet souhaite profiter des conditions de marché favorables et de l’appétit pour le risque des investisseurs afin de sécuriser des financements avant l’introduction en bourse géante de l’entreprise spatiale SpaceX, prévue la semaine prochaine (12 juin). Avec les prochaines introductions en bourse liées à l’IA d’Anthropic et d’OpenAI, d’autres entreprises seront également bientôt à la recherche de liquidités.
Le secteur industriel en plein essor
Selon les estimations actuelles des directeurs d’achat du secteur industriel, la conjoncture mondiale se porte bien. Aux Etats-Unis, dans la zone euro et en Suisse, les indices se situent tous au-dessus de 50 points, ce qui correspond à une phase d’expansion économique. Avec un indice de 57,3, contre 54,5 le mois précédent, la Suisse affiche l’une des meilleures performances à l’échelle internationale. La bonne tenue de la consommation intérieure se reflète également dans les chiffres des ventes au détail, qui ont largement dépassé les prévisions. La situation est toutefois moins favorable en Allemagne et en France. Avec des indices proches de 50, l’activité économique se situe à la frontière entre croissance et contraction.
Graphique de la semaine
Le cours de l’action se hisse vers les sommets, ce qui n’est pas sans rappeler le train à crémaillère du Gornergrat. Les titres de BVZ Holding (Brigue-Visp-Zermatt) ont progressé de 28% rien que cette année et ont récemment atteint un record historique. Seul l’avenir nous dira les sommets qu’ils atteindront. Les investisseuses et investisseurs doivent toutefois garder à l’esprit que les titres de BVZ s’adressent aux personnes passionnées du domaine, qu’ils sont peu négociés et qu’aucun analyste ne les suit de près. Pour autant, cela n’enlève rien aux solides performances de l’entreprise, qui a nettement augmenté ses dividendes l’an dernier.
GROS PLAN
Faibles exportations horlogères
Les exportations horlogères suisses ont baissé de 16,6% par rapport à l’exercice précédent. Ce recul est dû aux Etats-Unis, où les exportations ont chuté de 56,4%. Il convient toutefois de noter qu’en 2025, les exportations vers les Etats-Unis avaient été élevées en raison des menaces de droits de douane.
LE PROGRAMME
Climat de consommation en Suisse
L’impact des incertitudes géopolitiques sur la confiance des consommateurs sera plus clairement visible le 8 juin, lorsque le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) publiera les dernières données relatives au climat de consommation en Suisse.