«Le plus gros de tous les deals»
L’Union européenne (UE) et les Etats-Unis sont parvenus à un accord dans le différend commercial qui les opposaient. Ainsi, le droit de douane de base applicable à la plupart des exportations vers les Etats-Unis sera de 15%. Les exportations d’aluminium et d’acier continueront d’être soumises à des taxes plus élevées. En outre, l’UE s’engage à investir des milliards outre-Atlantique. Les marchés des actions ont d’abord réagi avec soulagement à l’annonce de l’accord, mais la plupart ont tout de même clôturé en baisse lundi soir. Si cet accord balaie une partie des incertitudes, il n’est cependant un succès pour aucune des deux parties. En effet, le taux des droits de douane est certes inférieur aux 30% que menaçait d’imposer le président Trump, mais nettement supérieur au niveau du début d’année. De fait, les entreprises européennes perdent de leur compétitivité. Dans le même temps, le consommateur américain va devoir payer la facture de cette hausse des droits de douane, qui se répercutera sur les prix. Notons cependant que l’accord n’est jusqu’à présent qu’une déclaration d’intention. De nombreux détails, comme d’éventuels tarifs douaniers sectoriels, restent à clarifier.
Les entreprises suisses en demi-teinte
Le marché des actions suisses a eu du mal à prendre une direction claire au cours de la semaine du 1er août. Cela s’explique en partie par la saison des rapports. La grande banque UBS a bien tiré son épingle du jeu au deuxième trimestre malgré la restructuration et les discussions sur le capital. Ainsi, le bénéfice consolidé, qui s’est établi à 2,4 milliards de dollars américains, a plus que doublé par rapport à l’exercice précédent. L’établissement financier se montre optimiste quant à la possibilité d’atteindre ses objectifs pour 2025 et 2026. Logitech a lui aussi dépassé les prévisions des analystes. Au premier trimestre de l’exercice 2025/26, le fabricant d’accessoires informatiques a augmenté son bénéfice net de 7,8% à 188 millions de dollars grâce à des réductions de coûts et à des ajustements tarifaires. Il a également adapté ses chaînes d’approvisionnement pour atténuer l’effet des tarifs douaniers américains. Le fabricant de produits chimiques pour le bâtiment Sika souffre quant à lui du ralentissement conjoncturel et de la faiblesse du dollar: son chiffre d’affaires et son bénéfice ont baissé respectivement de 2,7% et 2,1% entre janvier et juin. Sa rentabilité est néanmoins en hausse. L’entreprise envisage l’avenir avec prudence. Le groupe industriel Bucher et le spécialiste de l’emballage SIG ont également revu leurs prévisions à la baisse pour cette année. De leur côté, le fabricant de revêtements de sol Forbo, l’entreprise de métrologie Inficon et le fabricant de composants Lem ont fait état d’un résultat nettement inférieur aux attentes du marché. Selon les chiffres présentés, les actions ont, de ce fait, perdu entre 6% et 16% de leur valeur.
Les géants américains de la technologie brillent
La forte demande en produits liés à l'intelligence artificielle et aux services cloud a permis au géant des logiciels Microsoft de réaliser un bénéfice de 27 milliards de dollars au dernier trimestre, soit un quart de plus que l'année précédente. Il a ainsi gagné plus de 100 milliards de dollars au cours de l'exercice 2024/25. Meta a également dépassé les attentes. Grâce à une activité publicitaire florissante, son chiffre d'affaires et ses bénéfices ont augmenté respectivement de 22 % et 36 % au deuxième trimestre. Les deux actions ont affiché une tendance à la hausse après la clôture de la bourse.
Aucun changement pour le taux directeur américain
La Réserve fédérale américaine (Fed) a prolongé sa pause observée en matière de baisse des taux. Elle tient ainsi compte de la accélération de l’inflation due à la hausse des tarifs douaniers. Par ailleurs, les autorités monétaires affirment leur indépendance vis-à-vis du président Trump, qui réclame des taux plus bas. Nous partons du principe que l’approche prudente de la Fed ne changera pas pour le moment.
Les voitures électriques très demandées
Selon une étude de PwC, plus de 5,9 millions de véhicules électriques neufs ont été immatriculés dans le monde au premier semestre. Cela représente une hausse de 37% par rapport à l’exercice précédent. Le principal moteur de cette évolution est la Chine (+47%). Aux Etats-Unis la croissance est relativement maigre, avec 7%.
Nous vous souhaitons une joyeuse fête nationale!
Graphique de la semaine
Au cours des 30 dernières années, le Swiss Market Index (SMI) a baissé en moyenne de près de 2% (hors dividendes) entre août et septembre. D’un point de vue statistique, il s’agit donc des pires mois boursiers de l’année. Cela s’explique notamment par les volumes de transactions plus faibles en été, qui favorisent les fluctuations de cours. En 2025, les incertitudes géopolitiques et conjoncturelles s’ajoutent à la faiblesse saisonnière, ce qui entraîne une volatilité accrue. Les investisseurs ne devraient toutefois pas laisser dormir leur argent sous un matelas. Il leur est au contraire recommandé de s’en tenir à leur stratégie de placement à long terme.
GROS PLAN
En berne, la conjoncture? Pas pour les managers!
Selon une étude de l’association de protection des investisseurs DSW, les salaires des dirigeants des entreprises du DAX ont augmenté en moyenne de 3% en 2024, à 3,8 millions d’euros, malgré l’affaiblissement de la conjoncture. Sur le plan international, cette somme est insignifiante: le salaire moyen des dirigeants des entreprises de l’indice Dow Jones s’élevait en effet dernièrement à près de 29 millions d’euros.
LE PROGRAMME
Inflation suisse
Lundi prochain, l’Office fédéral de la statistique (OFS) publiera les données de juillet sur l’évolution des prix à la consommation en Suisse.