Les chiffres semestriels font grimper le SMI
A la Bourse suisse, la saison de publication des résultats était au centre de l’attention. L’évolution fondamentalement bonne est donc aussi à l’origine de la tendance haussière cette semaine. La faible évolution des devises n’a pas perturbé la marche des affaires du groupe pharmaceutique Roche qui a dépassé les estimations des analystes. Après six mois seulement, l’entreprise laisse déjà entrevoir une augmentation du dividende. La déception s’est installée chez Nestlé, poids lourd du SMI, bien que le groupe alimentaire ait augmenté son chiffre d’affaires au premier semestre, principalement grâce à des augmentations de prix. La rentabilité de l’entreprise a donc évolué mieux que prévu ce qui souligne son pouvoir de fixation des prix et le fait que le redressement se déroule de manière fondamentalement positive. Les actions du fabricant d’arômes et de parfums Givaudan ont également été sous pression. La solide performance opérationnelle au premier semestre n’a pas suffi à convaincre les investisseurs. C’est surtout la croissance organique, inférieure aux attentes du marché, qui a fait l’objet de critiques. Lonza, le fournisseur pharmaceutique Lonza a dépassé les estimations des analystes grâce à son fort résultat semestriel. La marche des affaires enregistrée ces derniers temps a même conduit à une légère augmentation des prévisions annuelles. L’acquisition d’une usine de production de Roche aux Etats-Unis a contribué à cette évolution. Le logisticien Kuehne+Nagel a certes augmenté les volumes transportés au premier semestre, mais il est surtout durement touché par la faiblesse du dollar. C’est la raison pour laquelle l’entreprise a revu à la baisse ses prévisions de bénéfices pour l’ensemble de l’année. Déception par VAT. Même si le fabricant de vannes à vide a réalisé un chiffre d’affaires et des bénéfices plus élevés, il a déçu au niveau des entrées de commandes et ressent un fort vent adverse du côté des devises. La banque privée EFG International y est également exposée. Au final, l’établissement a toutefois enregistré une forte croissance et a dépassé les attentes des analystes. La banque privée Julius Baer a émis des signaux mitigés. Bien que son bénéfice ait été plus faible que prévu, les mesures d’efficacité du nouveau CEO commencent à porter leurs fruits. Son rapport coûts–revenus s’est amélioré. Les actions de la banque privée Vontobel ont été sous pression, car les activités institutionnelles continuent d’enregistrer des sorties de capitaux. Les chiffres du fabricant de chocolat Lindt & Sprüngli sont mitigés, car l’évolution de son bénéfice est en deçà des estimations des analystes. Néanmoins, même dans ce contexte, l’entreprise a réussi à gagner des parts de marché. Les prévisions annuelles de croissance organique ont par ailleurs été revues à la hausse. Les chiffres semestriels du fabricant de logiciels bancaires Temenos ont été accueillis avec euphorie. Son faible premier trimestre est déjà du passé et ses actions ont parfois gagné même plus de 20%. Les chiffres de Sulzer ont également été interprétés positivement, car le sous-traitant industriel a dépassé les attentes en matière d’activités opérationnelles.
Vent en poupe pour le marché boursier américain
Les Bourses américaines poursuivent leur course aux records. Cette semaine encore, le Nasdaq 100, à dominante technologique, et le S&P 500, plus large, ont atteint des records. Alphabet, la maison mère de Google, s’est distinguée positivement en dépassant les attentes du marché. En revanche, le constructeur de voitures électriques Tesla a déçu. Toutefois, la baisse des ventes de véhicules était déjà connue. La suppression des subventions pour les voitures électriques constitue désormais une charge supplémentaire. Le constructeur automobile General Motors a également fait partie des perdants. Les droits de douane américains ont réduit son résultat de 1,1 milliard de dollars. Selon les indications de l’entreprise, les comptes annuels pourraient être réduits de 4 à 5 milliards.
Le Japon a trouvé un accord commercial avec les Etats-Unis
Les deux Etats se sont mis d’accord sur des droits de douane de 15%. En contrepartie, le Japon s’engage à importer davantage de riz et de voitures en provenance des Etats-Unis. De plus, les entreprises japonaises devraient investir 550 milliards de dollars aux Etats-Unis dans les années à venir. Le «deal» a été bien accueilli par la Bourse. Le marché des actions japonais, mesuré par le Nikkei 225, a grimpé jusqu’à 2,6% de son plus haut historique.
Graphique de la semaine
La performance parle d’elle-même: les actions du fabricant de chocolat Lindt & Sprüngli battent très largement celles de Berkshire Hathaway, la société de participation du gourou de l’investissement Warren Buffett. Alors que les titres de l’oracle d’Omaha ont vu leur valeur quintuplée depuis l’an 2000, ceux du fabricant de lapins dorés de Kilchberg valent aujourd’hui 22 fois plus que jadis. Avec des cours respectifs de CHF 125’600 et de USD 723’120, il s’agit des deux valeurs les plus chères au monde. Chez Lindt & Sprüngli, les derniers chiffres semestriels soulignent que les choses ne changeront pas de sitôt.
GROS PLAN
Pause estivale à la BCE
La Banque centrale européenne laisse pour l’instant son taux directeur inchangé. Selon l’autorité monétaire, tant le renchérissement que la conjoncture évoluent mieux que prévu.
LE PROGRAMME
Décision sur les taux d’intérêt américains
Le 30 juillet, la Fed rendra sa décision sur les taux d’intérêt. Nous ne tablons pas sur un assouplissement de la politique monétaire. Les déclarations des dirigeants de la Fed sont donc d’autant plus déterminantes.