Chacun sa route

César Pérez Ruiz, Pictet Wealth Management

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Le nouveau chancelier allemand se met au travail et les banques centrales sont sur le qui-vive.

Le nouveau chancelier allemand, Olaf Scholz, n’a pas perdu de temps pour assumer ses nouvelles responsabilités. Vendredi dernier, il a effectué sa première visite officielle en France. Il y a rencontré Emmanuel Macron pour discuter de la nécessité de renforcer la «souveraineté stratégique» de l’Europe dans un contexte marqué par des tensions de plus en plus fortes en Europe de l’Est. Le même jour, Olaf Scholz a rencontré le président de l’OTAN pour parler de la menace croissante que représente la Russie. Dans le sillage des discussions entre Joe Biden et Vladimir Poutine, nous nous attendons à de fortes tensions géopolitiques en 2022, lesquelles pourraient pousser les cours du pétrole à la hausse. Dans le même temps, les écologistes allemands, qui font partie de la nouvelle coalition tripartite au pouvoir, prévoient des dépenses importantes pour régler la question de la crise climatique. Cela conforte notre thème «Plan Marshall vert». 

La fin de l’année approche mais les banques centrales du monde entier ne lèvent pas le pied. Dans un contexte marqué par le défaut de paiement officiel d’Evergrande sur ses engagements internationaux, la banque centrale chinoise a pris des mesures pour assouplir sa politique monétaire : la semaine dernière, elle a injecté de la liquidité dans le système bancaire et a augmenté ses réserves de change pour essayer d’enrayer la hausse du cours du renminbi. Nous privilégions les obligations d'Etat chinoises et les obligations d’entreprises asiatiques bien notées. Nous pensons que la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine vont accélérer le resserrement de leurs politiques d’assouplissement quantitatif. Les prévisions du staff économique de la BCE, qui seront publiées cette semaine, seront étendues jusqu’à 2024. Nous nous attendions à une révision à la hausse des prévisions d’inflation pour 2022 (par 100 points de base, ce qui serait la plus forte révision à la hausse de l’histoire de la BCE. Mais nous pensons également que le staff maintiendra sa prévision d'inflation à moyen terme à un niveau inférieur au taux cible de 2%. La prudence est de mise mais la pression augmente et le scénario le plus probable est une réaction aggressive du marché à cette nouvelle donne. Nous sommes négatifs sur les obligations d'État européennes en 2022. 

Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation s’est révélé conforme aux attentes, atteignant son plus haut niveau depuis près de 40 ans en novembre. Il nous faudra surveiller l’augmentation des loyers et des salaires pour voir si les prévisions d’inflation se «désancre» (les loyers des appartements à Manhattan ont augmenté de 23% en glissement annuel en novembre, la plus forte hausse de l’histoire), ce qui pourrait poser problème aux marchés. De toute façon, nous pensons que la volatilité augmentera en 2022. L’année 2022 pourrait également être marquée par une rationalisation des bilans des entreprises, comme en atteste la décision de Nestlé de vendre sa participation dans L’Oréal la semaine dernière. Pour cette raison, nous continuons à privilégier les hedge funds «event-driven». 


 

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