BoJ: vers un statu quo pour la réunion de fin juillet

Gregor M. A. Hirt, Allianz GI

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La Banque du Japon devrait garder toutes ses options ouvertes malgré le regain de spéculations sur des hausses anticipées.

  • Nous prévoyons que la Banque du Japon (BOJ) maintiendra ses taux inchangés lors de sa prochaine réunion, tout en conservant son orientation de resserrement. Les marchés s'attacheront à déterminer si la faiblesse du yen et la hausse des prix de l'énergie inciteront les décideurs à adopter un ton plus restrictif.
  • Une hausse anticipée vers le mois d’octobre ne peut être exclue, mais cette hypothèse comporte encore des risques, notamment des signaux contradictoires concernant l’inflation sous-jacente et un contexte mondial incertain, marqué par la résurgence des tensions au Moyen-Orient.
  • Plus important encore, nous doutons que la BOJ donne des indications laissant entrevoir un cycle de hausse plus rapide lors de cette réunion. Cela nécessiterait en effet un certain degré d’engagement préalable qui semble incompatible avec sa préférence pour la flexibilité. Une hausse anticipée est possible; un engagement précoce en ce sens est moins probable.

La Banque du Japon devrait maintenir sa politique inchangée lors de sa prochaine réunion des 30 et 31 juillet 2026, tout en conservant une orientation restrictive. La question clé pour les marchés est de savoir si la nouvelle faiblesse du yen et la hausse des prix de l’énergie pousseront la Banque du Japon à adopter un message plus «hawkish». Nous nous attendons à ce que les décideurs politiques prennent acte de ces évolutions, mais restent prudents quant à la formulation d’indications fermes sur le calendrier de la prochaine hausse.

La récente dépréciation du yen a alimenté les spéculations selon lesquelles la Banque du Japon pourrait devoir normaliser sa politique monétaire plus rapidement. Si certains décideurs politiques se sont peut-être montrés plus préoccupés par le risque d’un dépassement de l’inflation, ni le gouverneur Kazuo Ueda ni le gouvernement n’ont clairement présenté la faiblesse du yen comme une préoccupation majeure justifiant une action politique, mais plutôt comme un facteur de risque. La fonction de réaction de la Banque du Japon reste axée sur la durabilité de l’inflation plutôt que sur un niveau de taux de change spécifique. Un cycle de hausse accéléré ne peut toujours pas être exclu.

Les risques d’une hausse anticipée persistent

Toutefois, cette perspective comporte également des risques. La dynamique sous-jacente de l’inflation intérieure a continué de s’améliorer, mais les signes d’une réaccélération significative restent mitigés. Les responsables politiques pourraient donc préférer obtenir une confirmation supplémentaire que la dynamique de l’inflation intérieure reste solidement en place avant d’agir.

Plus important encore, même si certains responsables se sont montrés plus ouverts à une hausse anticipée, nous doutons que la Banque du Japon donne des indications claires dans ce sens ce mois-ci. Les marchés anticipent déjà une forte probabilité de resserrement d’ici octobre. Pour susciter une nouvelle réévaluation significative dans le sens d’une politique restrictive, la Banque du Japon devrait en effet orienter les anticipations vers des hausses supplémentaires et plus rapides. Une telle communication reviendrait à un engagement préalable important, ce qui semble incompatible avec la préférence de la Banque du Japon pour conserver une marge de manœuvre dans un environnement incertain.

La recrudescence des tensions au Moyen-Orient ne fait que renforcer les arguments en faveur de la prudence. La Banque du Japon pourrait également préférer mieux cerner l’évolution de la fonction de réaction de la Réserve fédérale avant de s’engager sur une trajectoire de politique monétaire plus restrictive. Le symposium de Jackson Hole, qui se tiendra en août, pourrait offrir à la Banque du Japon de précieuses occasions de mieux cerner le comportement de la Fed sous sa nouvelle direction.

La Banque du Japon ne devrait pas signaler d’urgence

En fin de compte, les responsables de la BOJ ont généralement indiqué qu’ils ne se considéraient pas comme étant sensiblement en retard sur la courbe. A moins que cette évaluation ne change, il pourrait être difficile de justifier une accélération significative du resserrement monétaire. La question n’est pas tant de savoir si la BOJ pourrait relever ses taux plus tôt qu’à des intervalles de six mois, mais plutôt si elle est disposée à s’engager à le faire dès maintenant. Un relèvement anticipé est possible. Un engagement précoce en ce sens est moins probable.

Positionnement d’investissement: constructif sur les actions, neutre sur les obligations et le yen

Dans ce contexte, nous restons surpondérés sur les actions japonaises, car la dynamique de la croissance et des bénéfices semble toujours favorable, même si les risques géopolitiques doivent être surveillés. Nous conservons une position neutre sur les obligations d’Etat japonaises. Les rendements sont devenus plus attractifs après la récente vague de ventes, mais l’incertitude budgétaire reste élevée, d’autant plus que les discussions sur la taxe à la consommation se poursuivront jusqu’en août. Nous restons également neutres sur le yen. Les risques d’intervention augmentent à mesure que la dépréciation s’accélère, tandis que le risque d’un impact négatif persistant sur les termes de l’échange du Japon en raison de la hausse des prix de l’énergie demeure, ce qui justifie une approche attentiste.

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