2018, une année propice à la performance absolue

Anne Barrat

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L’environnement macro-économique donne toutes ses chances à une gestion obligataire sans benchmark, qui privilégiera les titres d’Etat des pays développés.

«Dans un environnement macro-économique où la gestion benchmarkée est sans avenir, faiblesse des taux d’intérêt oblige», explique Pascal Gilbert, co-gérant du fonds DNCA Invest Alpha Bonds lancé en décembre 2017, «chercher de l’alpha est la solution pour atteindre le niveau optimal de couple rendement/risque». Le discours est planté, étayé par l’expérience dans le fixed income de l’équipe venue de La Française AM, menée par Pascal Gilbert et François Collet. Les deux fonds lancés en décembre 2017, le DNCA Invest Alpha Bonds (225 millions d’euros d’encours aujourd’hui) et le Flex Inflation, en cours d’enregistrement en Suisse, participent à la volonté de l’affilié de Natixis de renforcer l’impact de la gestion obligataire de DNCA, qui affichait à la fin 2017 25 milliards d’euros d’encours sous gestion, dont 4,3 milliards d’euros de collecte nette.

APPROCHE QUANTITATIVE ET FONDAMENTALE

4 à 5% de performance en 2018, nette de frais, tel est l’objectif de la gestion, active sans être agitée, qui allie une approche quantitative et fondamentale. Une gestion active, totalement libre de toute référence indicielle, décorrélée des autres produits obligataires et des actions, qui combine une analyse de valorisation des actifs – une sélection en fonction de leur attractivité – et une analyse fondamentale fondée sur une analyse macro-économique. Originale, cette approche mixte et complémentaire implique un processus itératif de vérification entre les deux dimensions quantitative et qualitative.

«Nous attendons un alignement des critères de sélection pour nous positionner: ce n’est pas parce que l’approche macro-économique nous indique qu’il faut y aller qu’on y va, car souvent le prix intègre déjà cette composante favorable.»

Le principe des poupées russes s’applique:
plus une position est risquée, moins le fonds est positionné.

La première étape du processus d’investissement passé, le critère déterminant est le couple rendement/risque. Le principe des poupées russes s’applique: plus une position est risquée, moins le fonds est positionné. Volatilité et liquidité sont les variables d’ajustement nécessaires pour garantir flexibilité et effet de levier au fonds. A 5%, Le turn over est quotidien.

PERSPECTIVES 2018

L’environnement actuel connaît un arbitrage entre rendement et risque différent. «Tous les actifs sont à égalité aujourd’hui, contrairement à ce qui prévalait hier: il n’y a plus ou peu de dissymétrie entre le rendement et le risque.» Les titres d’Etat sont les mieux placés pour offrir du rendement dans ce contexte, en particulier ceux des pays de l’OCDE. Dans cet univers, des positions longues sur la Norvège, la Suède, le Japon, Australie, Portugal, Italie et France s’imposent, et d’autres courtes, sur le Canada, les Etats-Unis, et le Royaume-Uni. Impasse sur le crédit en revanche: «Le crédit est trop cher, explique Pascal Gilbert» Il est tard pour investir sur le crédit high yield, qui a donné tout son potentiel en 2017. Même avec une économie mondiale solide, quelques secteurs devraient ressentir fortement la hausse des rendements, si faible soit-elle. L’impossibilité du passage de la hausse des prix de la production, aux consommateurs finaux est aussi un risque, pour d’autres secteurs. Parmi les pays émergents, Brésil, Russie restent sur les radars pour le high yield, le Chili pour l’investment grade.