USA: les créations d’emplois déçoivent

AWP

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Les nouveaux postes de travail ralentissent plus que prévu en décembre mais le taux de chômage se maintient au plus bas en 50 ans.

Le marché du travail américain s’est essoufflé en décembre avec un nombre de créations d’emplois et une hausse des salaires décevants mais, à 3,5%, le taux de chômage est resté à son plus bas niveau en 50 ans.

Au total, 145’000 emplois ont été créés au cours du dernier mois de l’année 2019, a annoncé vendredi le ministère du Travail. Les analystes tablaient sur 160’000.

C’est beaucoup moins que les 256’000 enregistrés en novembre (révisé en baisse) dont le total avait été gonflé par le retour sur le marché de l’emploi de salariés de General Motors après leur grève historique.

Les chiffres de l’emploi étaient particulièrement attendus et scrutés à l’approche des élections.

En moyenne, l’économie américaine a créé 175’000 emplois chaque mois en 2019 contre 225’000 créations mensuelles en 2018.

Les économistes estiment toutefois que l’économie américaine reste dynamique avec un nombre moyen de 100’000 nouveaux emplois mensuels.

Le gain est plutôt «modeste mais toujours décent», a ainsi résumé Rubeela Farooqi, économiste chez HFE.

L’évolution du salaire horaire moyen a continué de décevoir en décembre, avec une progression de seulement +0,1% alors que les analystes projetaient +0,3%.

Et comparé à décembre 2018, elle tombe sous la barre des 3% (+2,9%) pour la première fois depuis un an et demi.

«Bien que le rythme des hausses de salaires ne se soit pas accéléré au cours des derniers mois, il reste plus fort que ces dernières années», a nuancé Rubeela Farooqi.

Emploi manufacturier en berne

Pour autant, les salaires ont peiné l’an passé à décoller en dépit d’une main-d’oeuvre qui s’est raréfiée.

Pour fidéliser leurs employés, les entreprises ont jusqu’alors privilégié de leur donner plus d’avantages notamment en terme d’assurance santé plutôt que d’augmenter les salaires dans un contexte de ralentissement économique et d’incertitude liée à la guerre commerciale qui a fait rage entre les Etats-Unis et la Chine.

L’évolution du salaire moyen sur un an reste toutefois au-dessus de l’inflation qui s’est établie à 2% (sur un an), a relevé le ministère du travail.

Parmi les secteurs qui ont fortement embauché en novembre à la faveur de la saison des fêtes de fin d’année: celui des détaillants notamment les magasins de vêtements et d’accessoires (+41’000); et celui des loisirs et de l’hôtellerie (+40’000).

Comme les mois précédents, le secteur de la santé a encore fortement embauché (+28’000). Au total en 2019, ce secteur a créé 399’000 emplois contre 350’000 en 2018. Il a largement embauché parmi les femmes.

Sans surprise, l’industrie manufacturière, victime du bras de fer sino-américain et du ralentissement mondial, et entrée en récession en août, a continué de perdre des emplois (-12’000). Pour l’ensemble de l’année, le secteur, cher au président américain Donald Trump, aura gagné 46’000 emplois contre 264’000 en 2018.

Le taux de participation au marché de l’emploi est resté par ailleurs inchangé à 63,2%.

A 3,5%, le taux de chômage reste à son plus bas historique et est bien inférieur aux 3,9% enregistrés en décembre 2018.

Comme en novembre, 5,8 millions de personnes étaient sans emploi contre 6,3 millions un an plus tôt.

En décembre, le taux de chômage des Noirs a rebondi à 5,9% après 5,6% en novembre. Il reste aussi bien supérieur à celui des Blancs (+3,2%).

Avec ce niveau d’emploi, la croissance de l’économie américaine évolue à un rythme «modeste», selon les termes de la Banque centrale américaine.

L’expansion pour juillet-septembre avait été confirmée à 2,1%, tirée par la consommation des ménages.

La première estimation du dernier trimestre sera publiée le 30 janvier.

Elle sera très suivie alors que le président américain Donald Trump brigue un second mandat.

«La performance du marché du travail continue de fournir une base solide au principal pilier de la croissance: les dépenses de consommation», a estimé vendredi Gregory Daco, chef économiste chez Oxford Economics.

Il souligne néanmoins qu’avec les risques d’incertitude, notamment politique, les entreprises qui restent prudentes pourraient restreindre la demande de main-d’oeuvre.