USA: les avocats de Trump demandent un acquittement rapide

AWP

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«Il est temps d’en finir», estime Pat Cipollone, l’avocat de la Maison Blanche, dénonçant les motivations politiques des Démocrates.

Les avocats de Donald Trump ont demandé mardi au Sénat d’acquitter «aussi vite que possible» le président américain dans son procès en destitution. Les pressions sont pourtant croissantes pour entendre de nouveaux témoins après les révélations d’un ancien conseiller de la Maison Blanche.

Les démocrates «vous demandent de limoger à la veille d’une élection un président qui connaît le succès, sans cause et en violation de la Constitution», a lancé aux cent sénateurs Pat Cipollone, l’avocat de la Maison Blanche. «Il est temps d’en finir, aussi vite que possible», a-t-il ajouté, dénonçant les motivations politiques des Démocrates qui veulent, selon lui, la tête de M. Trump, faute de l’avoir battu dans les urnes en 2016.

Le 45e président des Etats-Unis est jugé pour «abus de pouvoir» et «entrave au travail du Congrès». Les démocrates l’accusent d’avoir tenté de «tricher» pour remporter un second mandat en poussant l’Ukraine à enquêter sur Joe Biden, son possible rival à l’élection présidentielle du 3 novembre, et sur les affaires de son fils Hunter dans ce pays gangrené par la corruption.

Pour forcer la main de Kiev, il aurait bloqué une aide militaire cruciale autorisée par le Congrès. Une fois «démasqué», il a interdit toute collaboration de ses conseillers à l’enquête parlementaire, lui reproche encore l’accusation.

«Trop vague»

Ses inquiétudes sur l’étendue de la corruption en Ukraine justifiait pour l’hôte de la Maison Blanche - à la fois mais distinctement - sa demande d’enquête sur les Biden et le blocage des 400 millions de dollars d’aide militaire.

«Sommes-nous dans une zone sans Biden?», a lancé en écho son avocat Jay Sekulow. «Vous mentionnez quelqu’un, vous exprimez des inquiétudes sur une société et c’est interdit? Vous destituez un président américain pour avoir posé des questions?»

Hunter Biden a siégé au conseil d’administration du groupe gazier Burisma, un temps soupçonné de corruption, alors que son père, vice-président de Barack Obama, était chargé de la politique américaine dans ce pays. Ils n’ont jamais été inquiétés en justice, soulignent les démocrates, qui dénoncent une «diversion».

En trois jours de plaidoiries, les avocats de Donald Trump se sont également évertués à convaincre les jurés que le procès n’était motivé que par des «désaccords politiques». Ils ont présenté le milliardaire comme la victime de trois ans d’efforts démocrates pour le discréditer, notamment avec la longue enquête sur les soupçons de collusion avec la Russie pour se faire élire en 2016. De plus, l’accusation d’abus de pouvoir est selon eux trop «vague» pour être passible d’une destitution.

«Je crois John Bolton»

Les sénateurs vont désormais pouvoir poser leurs questions aux deux parties, par écrit, mercredi et jeudi.

Les procureurs démocrates, qui ont développé leur argumentaire la semaine dernière, bataillent pour obtenir ensuite le témoignage sous serment de nouveaux témoins, dont l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Celui-ci a déjà indiqué qu’il répondrait à une éventuelle convocation de la chambre haute du Congrès.

Dans un livre à paraître prochainement, il affirme que Donald Trump lui a confié ne pas vouloir débloquer l’aide militaire pour l’Ukraine si Kiev n’enquêtait pas sur les Biden. Le président a formellement démenti les dires de son ancien conseiller, limogé en septembre, l’accusant de vouloir «vendre son livre».

«Vous ne pouvez pas destituer un président sur une allégation non sourcée», a souligné mardi M. Sekulow. L’ex-directeur de cabinet du président, John Kelly, qui a travaillé aux côtés de M. Bolton, a au contraire soutenu son ancien collègue. «Si John Bolton dit cela dans son livre, je crois John Bolton», a-t-il dit.

Témoin essentiel

Pour l’élu démocrate Adam Schiff, procureur en chef, le témoignage de John Bolton est essentiel pour l’équité de ce procès. L’ancien conseiller est «un témoin-clé de la conduite scandaleuse du président», a-t-il affirmé mardi après l’audience.

Plusieurs sénateurs républicains ont suggéré qu’ils pourraient voter pour l’audition de M. Bolton. Il faut au camp démocrate quatre voix républicaines pour s’assurer de ce témoignage. Mais les partisans du président ont menacé en retour de convoquer Joe Biden et son fils sur les soupçons entourant leurs liens avec l’Ukraine.

Même si les démocrates réussissaient à faire témoigner John Bolton, ils semblent voués à perdre le procès. Les républicains, qui disposent d’une majorité de 53 élus, font toujours bloc derrière M. Trump et il paraît totalement improbable d’atteindre la majorité des deux tiers nécessaire pour une destitution.