USA: contrairement aux attentes, le secteur privé a détruit des emplois en novembre

AWP/AFP

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L’enquête régulière ADP/Stanford Lab indique un solde négatif de 32’000 postes, alors que les analystes anticipaient une tendance légèrement positive, avec entre 10’000 et 40’000 créations nettes.

Les dernières données sur l’emploi disponibles aux Etats-Unis montrent que le secteur privé a détruit des postes le mois dernier, les pertes étant concentrées dans l’industrie et les petites entreprises, priorités affichées du gouvernement Trump.

Le secteur privé a détruit 32’000 emplois en novembre, selon l’enquête régulière ADP/Stanford Lab publiée mercredi.

Le chiffre a pris de court les marchés qui s’attendaient au contraire à des créations nettes - entre 10’000 et 40’000, selon les consensus publiés respectivement par Trading Economics et MarketWatch.

Les destructions d’emplois ont été importantes dans l’industrie (-18’000) et les entreprises de moins de 50 salariés (-120’000), selon ce baromètre. Les embauches se sont à l’inverse concentrées dans les secteurs de la santé et de l’hôtellerie-restauration. Les sociétés de taille plus importantes ont aussi recruté.

«On est passé de créations modestes à des pertes (d’emplois). Il n’y a aucun moyen de présenter cela comme une bonne nouvelle», a commenté auprès de l’AFP Steve Sosnick, d’Interactive Brokers.

«On n’est plus face à un marché du travail qui embauche peu. C’est un marché du travail qui commence à licencier», souligne de son côté dans une note Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.

«Bon courage pour trouver du travail si vous n’êtes pas prêts à travailler comme serveur ou dans la santé», ajoute-t-elle.

Elle estime que les destructions d’emplois dans les petites entreprises découlent du fait qu’elles ont moins les moyens de s’adapter face aux nouveaux droits de douane mis en place par le gouvernement et à l’incertitude générale qui a marqué l’année.

«Elles laissent partir des employés pour essayer de rester rentables», pense Mme Long.

En parallèle, les salaires progressent moins vite (+4,4% sur un an, contre +4,5% en novembre).

Le gouvernement «très optimiste»

Bien que les données ADP soient jugées insuffisamment fiables par des analystes, elles restent regardées de près pour jauger l’état de la première économie mondiale.

Surtout actuellement, car la longue paralysie budgétaire aux Etats-Unis (du 1er octobre au 12 novembre) a abouti à des données officielles sur l’emploi en pointillés.

Le taux de chômage d’octobre ne sera ainsi jamais publié. Et celui de novembre paraîtra avec retard, après la réunion de la banque centrale (Réserve fédérale, Fed) programmée la semaine prochaine.

Or l’institution monétaire est chargée de fixer ses taux d’intérêt de manière à créer les conditions de la stabilité des prix (considérée comme étant une inflation limitée à 2%) et du plein-emploi.

La faiblesse de l’indicateur ADP a conforté les marchés financiers dans l’idée que la Fed abaissera ses taux pour la troisième fois consécutive, le 10 décembre, en mettant de côté ses inquiétudes sur l’inflation.

Le gouvernement de Donald Trump, qui a promis un «nouvel âge d’or» aux Américains, continue de se montrer confiant sur l’état de l’économie.

«Certains secteurs» ralentissent, notamment la construction, a admis mercredi le secrétaire au Trésor Scott Bessent, lors d’un forum organisé par le journal New York Times.

«C’est pourquoi nous avons besoin de baisses des taux d’intérêt (de la Fed), a-t-il ajouté, en se disant toutefois «très optimiste au sujet de l’économie l’an prochain».

Selon un autre indicateur publié mercredi, de la fédération professionnelle ISM, l’activité dans les services a continué de progresser en novembre, à 52,6% contre 52,4% en octobre.

Dans leurs commentaires, les entreprises sondées décrivent néanmoins des tiraillements.

Ainsi, observe un cadre de la construction cité anonymement, l’atonie du marché résidentiel pousse les sous-traitants à «se serrer la ceinture», en rognant leurs marges pour tenter de garder un volume de travail suffisant.

«Le coût de la vie continue d’être un problème pour une génération entière d’acheteurs», relève par ailleurs un sondé du commerce de gros, qui s’attend lui-même à devoir grignoter ses marges pour faire face à la concurrence.

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