Richemont voit ses ventes trimestrielles progresser, Hong Kong freine

AWP

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D’octobre à décembre, le chiffre d’affaires a pris 6% à 4,16 milliards d’euros, et une hausse de 4% hors effets d’échange.

Le groupe de luxe Richemont a vu ses ventes du 3e trimestre de son exercice décalé 2019/2020 s’inscrire en hausse, malgré les manifestations à Hong Kong, le marché le plus important de l’industrie horlogère suisse. Les affaires en Europe et la division joaillerie, composée de Cartier et Van Cleef & Arpels, ont quant à elles porté la performance.

Durant la période sous revue, allant d’octobre à décembre, le chiffre d’affaires a pris 6% à 4,16 milliards d’euros, et une hausse de 4% hors effets d’échange, selon le communiqué.

Ce chiffre est supérieur au consensus AWP. Les analystes interrogés anticipaient en moyenne des recettes de 4,12 milliards d’euros.

«Les ventes dans les boutiques des marques du groupe et celles réalisées via des détaillants tiers sont légèrement meilleures que prévu. En revanche la distribution en ligne, le moteur de croissance de Richemont déçoit, ce qui soulève des questions pour le futur», met en exergue Patrik Schwendimann, analyste auprès de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

L’Asie-Pacifique, la région la plus importante, a pris 2% hors effet de change, à 1,43 milliard, freinée par les manifestations à Hong Kong. La Chine continentale et la Corée ayant pour leur part compensé la sévère chute de l’ancienne colonie britannique, où certaines boutiques ont dû être fermées temporairement.

La région Europe a bondi de 9% hors effets de change à 1,26 milliard, grâce à une base de comparaison favorable et de solides résultats dans la plupart des marchés.

«Le Vieux Continent constitue la bonne surprise» du jour, commente l’analyste René Weber de Vontobel.

Les Amériques, Etats-Unis en tête, ont inscrit une hausse de 5% à 874 millions. En revanche le Japon a vu son chiffre d’affaires en baisse de 7% à 341 millions, notamment en raison de l’appréciation du yen et de l’augmentation de la TVA en octobre.

Forte joaillerie

Au niveau des secteurs, la joaillerie, la principale division de Richemont, a soutenu le 3e trimestre, affichant une accélération par rapport au partiel précédent: elle est en hausse de 6% hors effet de change à 2,16 milliards tandis que l’horlogerie composée notamment de Vacheron Constantin, Piaget et Panerai, s’est adjugé 2% à 818 millions.

«La performance de Cartier, Van Cleef & Arpels et Buccellati a été particulièrement remarquable compte tenu de l’impact négatif de Hong Kong», relève le propriétaire de Piaget.

Le rachat de l’italien Buccellati en septembre, a également un peu contribué à ce résultat, rappelle l’analyste de la ZKB et d’ajouter qu’ «étant donné la chute des recettes à Hong Kong, les marques horlogères se sont aussi bien défendues».

Yoox-net-a-porter déçoit

La plupart des analystes se montrent toutefois déçus par la faible croissance de Yoox-net-a-porter (+2% à 670 millions), les sites de ventes en ligne de produits de luxe multimarques de Richemont, accusant des pertes, et pour lesquels d’importants investissements sont consentis.

Le genevois justifie cette contre-performance par une rude concurrence au niveau des prix en ligne et les dommages causés par un orage à un entrepôt de Mr Porter en Italie.

Les recettes générées par l’intermédiaire des propres boutiques du groupe ont crû de 5% tout comme les ventes en ligne, tandis que celles enregistrées via des détaillants tiers ont avancé de 2%.

Sur les neuf premiers mois (avril à décembre), le chiffre d’affaires s’est étoffé de 8% à 11,6 milliards et de 5% hors effet de change.

A 11h42, les investisseurs recherchaient activement le titre qui bondissait de 4,7% à 80,78 francs. L’action occupait toujours la meilleure place parmi les valeurs vedettes du SMI (+0,88%).