Nouvelle envolée des primes maladie en 2027, de 5,0%

AWP/ATS

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Selon l’Office fédéral de la santé publique, environ un tiers de l’augmentation des dépenses est lié à la démographie et deux tiers aux coûts supplémentaires par patient.

Les primes d’assurance-maladie en Suisse augmenteront de 5,0% en moyenne en 2027, à 412 francs par mois. Une nouvelle poussée alimentée surtout par le nombre croissant de traitements, les progrès médicaux et le vieillissement. Médecins, hôpitaux, assureurs, partis et syndicats réclament des mesures.

Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), environ un tiers de l’augmentation des dépenses est lié à la démographie et deux tiers aux coûts supplémentaires par patient.

La facture continue ainsi de grimper sans signe d’accalmie. Les dépenses de l’assurance de base ont progressé de 5,3% en 2025 et devraient encore croître d’environ 5% en 2027. Elles ont atteint 44,8 milliards de francs l’an dernier, contre 24,3 milliards en 2010.

Potentiel d’économies

Devant la presse, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a pourtant refusé de «mettre la LAMal à la poubelle». Le système suisse reste selon elle «excellent», mais il existe encore «de nombreux endroits où on doit et où on peut mieux contrôler, où on peut économiser».

La ministre de la santé a notamment dénoncé certains médecins qui optimiseraient leur facturation, les dérives de sociétés privées dans les soins aux proches aidants et les rabais sur les médicaments qui ne sont pas toujours rétrocédés comme ils devraient l’être.

«Le système de santé financé par une assurance sociale n’est pas le lieu pour maximiser les profits», a-t-elle lancé. L’OFSP a lui-même reconnu avoir jusqu’ici contrôlé trop mollement certaines pratiques.

Chantiers

Les autorités misent sur plusieurs réformes pour ralentir la mécanique. Le financement uniforme des prestations (EFAS) doit soulager les payeurs de primes dès 2028, tandis que la Confédération fixera pour la première fois des objectifs de coûts et de qualité pour 2028-2031.

Mme Baume-Schneider juge toutefois «un peu euphorique» d’espérer une baisse des primes. «Je ne sais pas si je suis optimiste, mais en tout cas je suis obstinée», a-t-elle résumé.

Chacun avance sa recette

Les réactions ont reflété les lignes de fracture habituelles. Le PLR et Le Centre veulent surtout s’attaquer aux prestations inutiles et aux mauvaises incitations, en rémunérant davantage la qualité que la quantité. La FMH réclame moins de bureaucratie, H+ davantage de mise en réseau et la faîtière des assureurs prio.swiss une planification hospitalière plus rapide.

A gauche, l’accent est mis sur le financement. Les Vert-e-s réclament des primes liées au revenu, l’USS veut plafonner leur progression et faire financer le surplus par l’impôt. Le PS remet en avant son initiative, qui prévoit notamment la prise en charge de deux mois de primes par an pour les adultes et six pour les enfants.

La Fédération romande des consommateurs (FRC) demande de son côté que les rabais sur les médicaments reviennent effectivement aux payeurs de primes.

Vice-président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé (CDS), le conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet appelle enfin les cantons à mieux utiliser leurs leviers en matière de planification, de prévention et de pilotage des coûts. Les assurés, dit-il, sont «pris à la gorge».

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