Les Etats-Unis vont élargir la portée de leur liste noire commerciale, qui complique l’accès à certains produits américains pour les entreprises étrangères y figurant, une mesure destinée à frapper notamment les entreprises chinoises.
Selon un document publié lundi par le ministère du Commerce, les filiales détenues à au moins 50% par une ou plusieurs de ces entreprises seront désormais automatiquement soumises aux mêmes restrictions.
Si le changement annoncé par les autorités américaines s’applique à l’ensemble des sociétés sous restrictions, il devrait toucher en particulier celles implantées en Chine, étant donné que Washington a récemment pris pour cible de nombreuses entités basées dans ce pays.
La nouvelle règle entrera en vigueur mardi, mais les entreprises peuvent demander des modifications temporaires.
La «liste des entités» vise les entreprises et autres entités considérées comme présentant un risque pour la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des Etats-Unis.
Si elles souhaitent exporter leurs produits à ces sociétés étrangères, les entreprises américaines doivent détenir une licence officielle.
Ces dernières années, craignant d’être rattrapés sur le plan technologique par Pékin, les Etats-Unis ont par exemple empêché le chinois Huawei d’intégrer le système d’exploitation Android à ses smartphones et ont mis en pause la vente de certaines puces de Nvidia sur le marché chinois.
Lundi, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a déclaré dans un communiqué que Pékin avait pris note de cette évolution, la qualifiant d’acte «malveillant» portant atteinte aux droits des entreprises.
Le responsable a ajouté que cette règle était «un autre exemple typique de la manière dont les États-Unis étendent à l’excès le concept de sécurité nationale et abusent des contrôles à l’exportation».
La Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger les droits et les intérêts de ses entreprises, a assuré le porte-parole.
L’avis du ministère du Commerce indique que ce changement vise à «répondre aux préoccupations en matière de contournement», telles que la création de nouvelles entreprises pour contourner les restrictions.