Les syndicats font front pour défendre les salaires minimaux

AWP

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Il s’agit d’une atteinte aux salaires féminins et au fédéralisme, estime un comité composé de syndicats et de partis politiques.

Un comité composé de syndicats et de partis politiques a lancé mardi sa campagne contre «l’attaque» sur les salaires minimaux cantonaux votée par le Parlement. Il s’agit d’une atteinte aux salaires féminins et au fédéralisme, estime-t-il.

La nouvelle législation, adoptée par le Parlement lors de la session d’été, prévoit que les conventions collectives de travail (CCT) primeront sur les lois cantonales en matière de salaire minimal. «Cette loi constitue une attaque contre tous les salariés à bas salaire», a déclaré mardi Vania Alleva, vice-présidente de l’Union syndicale suisse (USS) et présidente d’Unia, devant les médias à Berne.

Selon les référendaires, ce sont précisément les secteurs tels que l’hôtellerie-restauration ou le nettoyage, qui seraient touchés. «Avec la nouvelle loi, il n’y aurait pas un franc de compensation au renchérissement», a déclaré Mme Alleva. Dans les cantons et les villes où des salaires minimaux ont déjà été adoptés mais ne sont pas encore entrés en vigueur, des dizaines de milliers de personnes n’en bénéficieraient pas.

Attaque contre salaires féminins

Le comité qualifie également cette décision «d’attaque contre les salaires féminins», rappelant que près des deux tiers des personnes touchant un salaire minimum sont des femmes. «Les salaires minimums ont des effets positifs sur l’égalité salariale. Or l’attaque contre les salaires minimums remet en question cet acquis social.»

De plus, lorsque ces salaires minimaux sont fragilisés, la «pression s’accroît sur l’ensemble des rémunérations», déclare le comité, qui estime que cette mesure «porte atteinte au fédéralisme». Cette modification reviendrait à ignorer les référendums organisés dans les cantons et les villes. Les syndicats, comme Travail Suisse et le Syndicat suisse des services publics (SSP), peuvent notamment compter sur le soutien du PS et des Vert-e-s pour ce référendum.

«Dans notre pays, il est de bon ton de respecter les règles en vigueur», a déclaré le coprésident du PS, Cédric Wermuth. Il s’agit là ni plus ni moins d’un «coup d’Etat des patrons et des profiteurs des bas salaires contre la démocratie directe». Le fait que des conventions collectives de travail priment sur des lois adoptées démocratiquement constitue une «violation de la Constitution».

Le Conseil fédéral rejette le projet

Le Conseil fédéral avait lui aussi rejeté le projet qu’il avait élaboré pour le Parlement. Il serait en contradiction avec la compétence des cantons, inscrite dans la Constitution, de fixer les salaires minimaux. Selon le ministre de l’Economie Guy Parmelin, le projet a d’ailleurs été rejeté par 25 cantons lors de la consultation.

Les initiatives cantonales et communales exercent une pression croissante sur les partenaires sociaux, pour les représentants de la majorité au sein des Chambres du Parlement. Pour elle, des lignes directrices légales sont donc nécessaires.

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