Le yen dérape jeudi, essuyant les retombées de la décision de la Banque du Japon (BoJ) de ne pas rehausser ses taux, au cours d’une semaine rythmée par les décisions monétaires de plusieurs banques centrales.
La BoJ a laissé jeudi son taux directeur inchangé, à 0,5%, son sixième statu quo d’affilée.
Alors que l’inflation au Japon dépasse largement la cible de 2% que la BoJ s’est fixée, «les indicateurs économiques montrent de plus en plus clairement qu’elle a pris du retard» pour remonter ses taux, analyse Sam Jochim, d’EFG Asset Management.
L’institution monétaire s’est justifiée en pointant les «fortes incertitudes» sur la conjoncture mondiale en raison des tensions douanières -et à l’heure où la nouvelle Première ministre nippone Sanae Takaichi esquisse tout juste sa politique économique.
«Plus la BoJ maintiendra ses taux inchangés, plus son indépendance sera remise en question par les marchés, compte tenu du soutien affirmé» de Sanae «Takaichi à une politique monétaire plus accommodante», estime l’analyste.
Vers 11h30 (heure suisse), la monnaie japonaise se déprécie de 0,74% face au billet vert, à 153,88 yens pour un dollar.
La Réserve fédérale (Fed) a pour sa part réduit ses taux d’intérêt pour la deuxième fois d’affilée mercredi, les ramenant dans une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.
Bien que massivement anticipée par les marchés financiers, cette décision n’a pas fait l’unanimité au sein de la Fed. Son président Jerome Powell a prévenu qu’une détente supplémentaire était «loin» d’être acquise à la réunion suivante.
Face à ces dissensions internes, «la probabilité d’une baisse en décembre», jusqu’ici de 90%, «est tombée à 70%», constate Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Le billet vert s’est renforcé dans la foulée de la réunion, mais s’affichait mitigé jeudi, lâchant 0,11% à la monnaie unique européenne, à 1,1614 dollar, et grappillant 0,07% à la livre, à 1,3184 dollar.
L’euro progresse, lui, en amont du verdict de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, qui devrait annoncer prolonger sa pause ses taux, en maintenant à 2% son taux de dépôt.
La BCE estime être en «bonne position» alors que l’inflation de la zone euro navigue autour de la cible de 2%.
Les investisseurs n’ont par ailleurs que peu réagi à l’annonce jeudi par Donald Trump d’un accord sur les terres rares, le soja et certains droits de douane liés au Fentanyl après ses entretiens avec son homologue chinois en Corée du Sud - une issue «positive, bien que pas inattendue», selon Roman Ziruk, d’Ebury.