L’euro a atteint vendredi un nouveau plus bas historique face au franc, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges comme la monnaie suisse dans un contexte de forte incertitudes économiques et politiques aux Etats-Unis.
Peu avant midi, l’euro s’échangeait à 0,9202 franc, se redressant quelque peu après avoir plongé dans la matinée à 0,9186 EUR/CHF. Il s’agit du niveau le plus bas atteint par la paire de devises, hormis en janvier 2015 après l’abandon du taux plancher de 1,20 EUR/CHF défendu par la Banque nationale suisse (BNS).
Le mouvement était similaire face au dollar, le billet vert s’échangeant pour 0,7924 franc, après avoir plongé à 0,7899 USD/CHF dans la matinée.
«On observe (...) un retour des investisseurs vers des actifs perçus comme plus ‘sûrs’, qu’il s’agisse de devises refuges comme le franc suisse ou de secteurs à forte visibilité de bénéfices», a indiqué John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement à Cité Gestion.
Pour l’analyste Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote, «l’optimisme entourant la fin du ‘shutdown’ du gouvernement américain fait place à un mouvement de panique et des mouvements de marché chaotiques». Les données macroéconomiques en suspens, et qui pourront désormais être publiées, pourraient en effet révéler un accès de faiblesse de la première économie mondiale.
Le raffermissement de franc est problématique pour les exportateurs suisses, car il renchérit la valeur des produits exportés. Pour limiter cet effet, la Banque nationale suisse (BNS) intervient sur les marchés des changes en achetant ou vendant des devises.
«Si le franc venait à s’apprécier davantage, spécialement contre l’euro, des interventions ou des baisses de taux supplémentaires pourraient devenir nécessaires pour protéger la compétitivité de l’industrie suisse», a averti Daniel Kalt.
Selon l’économiste d’UBS, «le franc ne doit pas s’apprécier soudainement et fortement, surtout contre l’euro». La monnaie unique européenne est en effet particulièrement importante pour de nombreux fournisseurs suisses d’un secteur industriel européen déjà en difficulté.