Le dollar pique du nez mardi, plombé par les perspectives de baisse des taux de la Réserve fédérale (Fed), permettant à l’euro d’atteindre un plus haut depuis quatre ans et à l’or de poursuivre sa série de records.
Après plusieurs mois à évaluer les conséquences de la guerre commerciale lancée par Washington, «les perspectives relatives à la politique des banques centrales sont (désormais) au centre de l’attention des acteurs du marché», ont souligné les analystes de Scotiabank.
La Fed a entamé mardi sa réunion de politique monétaire qui devrait aboutir à une baisse de taux aux Etats-Unis mercredi, selon les projections des analystes.
A l’inverse, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi dernier son principal taux directeur inchangé, ce qui explique que la monnaie unique européenne a touché mardi son plus haut niveau depuis septembre 2021 face au billet vert, à 1,1878 dollar pour un euro.
Vers 18H40, le billet vert tombait de 0,87% face à la devise européenne, à 1,1866 dollar pour un euro, et s’inclinait de 0,44% face à la livre britannique, à 1,3659 dollar pour une livre.
Le dollar est aussi miné par la nomination à la Fed par Donald Trump de Stephen Miran, l’un de ses conseillers économiques. Cette nomination avait été approuvée in extremis lundi par le Sénat américain.
Les opposants démocrates craignent que Stephen Miran, l’un des architectes et défenseurs de la politique économique du chef de l’Etat, ne fasse qu’appliquer ses desiderata, au sein d’une institution censée rester indépendante.
D’autant qu’en parallèle, le président américain cherche aussi à limoger la gouverneure de la Fed Lisa Cook, qu’il accuse d’avoir menti pour obtenir des emprunts immobiliers à des taux plus favorables.
Une cour d’appel américaine a confirmé lundi que Lisa Cook pouvait rester temporairement en fonction, mais l’administration Trump devrait porter l’affaire devant la Cour suprême.
«Une politique monétaire influencée par le gouvernement augmenterait les risques d’inflation à long terme (...) en conséquence, la réputation du dollar américain a été visiblement compromise ces derniers mois», a expliqué Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank.
«L’or est donc d’autant plus recherché comme valeur refuge», a-t-il relevé. Le métal jaune a atteint mardi un nouveau sommet, à plus de 3.703 dollars l’once (31,1 g). Vers 18H40 GMT, il évoluait autour de 3.689 dollars.