La livre sterling pâtit mercredi d’une stabilisation de l’inflation au Royaume-Uni, tandis que l’or et l’argent continuent de tomber après leur lourde chute de la veille, les investisseurs engrangeant des bénéfices sur le dos des récents records de ces métaux.
L’inflation est restée stable en septembre au Royaume-Uni, à 3,8% sur un an, d’après des chiffres officiels publiés mercredi.
Ce niveau toujours élevé maintient la pression sur le gouvernement britannique à un mois de la publication du budget.
Mais ce chiffre est inférieur aux 4% attendus par la Banque d’Angleterre (BoE), qui prévoit par ailleurs un ralentissement de l’inflation au cours des prochains mois.
Aussi ces données «renforcent les arguments en faveur d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt avant la fin de l’année», croit Yael Selfin, de KPMG.
D’autant que «l’inflation des services a été inférieure aux attentes de la Banque d’Angleterre», note l’analyste.
Vers 09H40 GMT (11H40 à Paris), la livre reculait de 0,35% par rapport à la devise américaine, à 1,3323 dollar pour une livre, et perdait 0,33% face à la monnaie unique européenne, à 87,04 pence pour un euro.
Face à ces paris de baisses de taux, les taux d’intérêts des emprunts de l’Etat britannique à 10 ans, les plus significatifs dans l’estimation du coût de la dette, sont tombés à 4,39%, un plus bas depuis avril.
L’or perdait pour sa part 1,43% à 4065,90 dollars l’once (31,1g), après avoir connu mardi sa plus lourde chute depuis 2013 d’après Bloomberg - à près de 6,3%.
Lundi encore, le métal jaune avait pourtant atteint un nouveau record, à 4381,52 dollars.
L’argent, considéré comme une valeur refuge alternative, reculait également mercredi de 0,93%, à 48,25 dollars l’once, après avoir dévissé de plus de 8,6% la veille.
La poursuite du repli de ces métaux précieux se comprend «compte tenu de l’euphorie» qui s’est emparé du marché, et des positions spéculant sur la hausse de l’or et «du surachat» qui en ont découlé, explique à l’AFP Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
Egalement interrogé par l’AFP, Ole Hansen, de Saxo Bank, attribue aussi ces pertes à «l’apaisement des tensions commerciales» entre Pékin et Washington et à «la diminution des achats liés à Diwali», des fêtes hindoues qui ont lieu en novembre en Inde, et sont traditionnellement synonyme d’achats de lingots et de bijoux en or.
Cependant, l’accalmie commerciale doit encore se confirmer. Donald Trump a affirmé mardi s’attendre à conclure un «bon» accord commercial avec Pékin, mais a averti que la rencontre prévue la semaine prochaine avec son homologue chinois Xi Jinping pourrait ne pas se produire.