Le yen tombe mardi, plombé par la nomination de Sanae Takaichi comme première ministre du Japon, qui pourrait freiner de nouvelles hausses de taux dans le pays.
Cette conservatrice de 64 ans, en faveur du soutien à l’économie, est devenue mardi la première femme à occuper ce poste, grâce à une coalition parlementaire de dernière minute.
«On s’attend à ce que Takaichi réduise les impôts et augmente les dépenses de défense, mais elle n’est pas non plus favorable aux hausses des taux d’intérêt», indique Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Or un maintien des taux d’intérêts au lieu de leur augmentation tend à pénaliser l’attractivité d’une devise.
Parallèlement, Mme Taikaichi a nommé Satsuki Katayama comme première femme ministre des Finances du pays, avec qui elle partagerait les mêmes vues sur la politique monétaire et fiscale, rapporte Lee Hardman, de MUFG.
La baisse du «yen au cours de la nuit a été encouragée par des informations de presse selon lesquelles les responsables de la Banque du Japon estiment qu’il n’y a pas d’urgence à relever les taux la semaine prochaine, même si l’économie progresse vers l’atteinte de leur objectif d’inflation, selon des sources proches du dossier», ajoute l’analyste.
Vers 09h20 GMT (11h20 à Paris), la monnaie nippone dévissait de 0,65% face au billet vert, à 151,74 yens pour un dollar.
De son côté, la devise américaine remontait modestement de 0,19% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,1619 dollar, et d’autant par rapport à la livre, à 1,3379 dollar.
Le déficit public du Royaume-Uni entre avril, début de l’année budgétaire au Royaume-Uni, et septembre s’est élevé à près de 100 milliards de livres (115 milliards d’euros), plus que prévu par l’organisme britannique chargé de la surveillance des finances publiques.
«Le Royaume-Uni n’est peut-être pas encore dans la situation de la France, mais il s’en rapproche», indique Mme Brooks, qui constate que la livre a été pénalisée par la publication de ces données mardi.
Pour elle, ces chiffres montrent que «le pays connaît de profonds problèmes financiers» et que «le budget de novembre s’annonce désormais quasiment douloureux pour tous» les Britanniques, qui s’attendent à de nouvelles hausses d’impôts et coupes dans les dépenses publiques.
Enfin, le bitcoin lâchait 2,98%, à 107’816,69 dollars, «dans un contexte de regain d’incertitude macroéconomique et de liquidités plus faibles sur les actifs à risque» comme les cryptomonnaies, indique Joel Kruger, analyste chez LMAX.