Incertitudes commerciales: plus de 70% des entreprises changent leurs projets d’investissement

AWP

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A l’échelle mondiale, environ la moitié des directeurs d’entreprises se disent inquiets en raison des changements au niveau des droits de douane, selon une étude d’EY. En Suisse, ils sont 44%.

Face aux incertitudes commerciales et géopolitiques, les entreprises jouent la carte de l’attentisme. Plus de 70% d’entre-elles déclarent avoir reporté, voire annulé, leurs projets d’investissement en raison du contexte, selon une étude publiée mardi par le cabinet de conseil EY.

L’instabilité préoccupe le secteur économique sur plusieurs volets: droits de douane, imposition minimale des entreprises, tensions géopolitiques...A l’échelle mondiale, environ la moitié des directeurs d’entreprises se disent inquiets en raison des changements au niveau des droits de douane. En Suisse, ils sont 44%.

L’image de stabilité de la Suisse joue un rôle important en ces temps incertains. En effet, d’après une analyse des projets d’investissement d’entreprises étrangères en Europe, le nombre de projets annoncés par des entreprises étrangères en Suisse a bondi de 24,7% en 2024 par rapport à l’année précédente, passant de 89 à 111. En Europe, la tendance est inverse, avec un repli de 5% des projets d’investissement l’an dernier.

Dans les fusions et acquisitions, l’incertitude se reflète de manière marquée, avec une prise en compte des risques dans les évaluations du montant des transactions pour les sociétés américaines cibles notamment, selon le cabinet de conseil. Les destinations européennes ont donc tendance à être privilégiées, notamment d’un point de vue réglementaire. «Le marché ne s’est pas encore fondamentalement réorienté, mais de premiers indicateurs montrent que la proximité et la stabilité réglementaire jouent à nouveau un rôle plus important dans les décisions d’investissement», écrivent ainsi les auteurs du rapport.

Si l’attractivité fondamentale du marché suisse reste inchangée, la situation actuelle pousse de nombreux investisseurs à la réserve. «Il est difficile de prévoir quel cadre douanier ou réglementaire s’appliquera à moyen terme, ce qui rend les conclusions de contrats beaucoup plus complexes», est-il expliqué. 

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