Droits de douane: la Suisse doit «serrer les dents et attendre», selon John Bolton

AWP/ATS

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«Avec des droits de douane réciproque, on ne fait que punir sa propre population», déplore l’ex-conseiller américain à la sécurité.

L’ancien conseiller américain à la sécurité John Bolton conseille à la Suisse de «serrer les dents et d’attendre» dans le conflit sur les droits de douane. Selon lui, «avec des droits de douane réciproque, on ne fait que punir sa propre population».

Dans une interview publiée mercredi soir sur le site du Blick, l’ancien responsable précise qu’un tribunal se penche actuellement sur la question des droits de douane. L’instance suivante sera la Cour suprême des Etats-Unis.

«Beaucoup de gens croient qu’un jugement pourrait tomber encore avant la fin de cette année et qu’il pourrait invalider les droits de douane», ajoute-t-il. Dans ce cas, «Trump devra tout reprendre depuis le début». John Bolton pense que le président américain acceptera «de toute façon» le jugement du tribunal.

Selon lui, personne ne peut expliquer pourquoi M. Trump a imposé des droits de douane de 39% aux produits helvétiques. «La bureaucratie commerciale américaine, qui négocie normalement un ou deux accords commerciaux par année, est totalement dépassée. On n’a même pas discuté dix minutes du taux pour la Suisse», affirme-t-il.

«Un risque de sécurité nationale»

En mai, le tribunal de commerce international des Etats-Unis (ITC) avait déjà estimé que M. Trump avait outrepassé ses prérogatives en imposant des droits de douane dits «réciproques». Selon cette juridiction spécialisée, seul le Congrès, et non le président, peut invoquer la loi d’urgence économique IEEPA de 1977, pour «imposer une surtaxe illimitée sur les produits provenant de quasiment tous les pays». Une décision qui concernait aussi la Suisse.

L’administration a toutefois fait appel contre ce jugement, évoquant une question de sécurité nationale. «Il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’une urgence économique», avait alors plaidé estimé le conseiller commercial de la Maison Blanche, Peter Navarro.

Une cour d’appel a examiné la question à la fin juillet. Selon les médias américains, les juges se sont montrés sceptiques face à l’argumentation du gouvernement. Ils soulignent notamment que la loi d’urgence économique ne mentionne jamais le terme «droits de douane», selon un juge cité par la chaîne ABC News et le site Politico.

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