Des représentants d’entreprises privées suisses sont à l’origine de récentes négociations commerciales avec le président américain Donald Trump. Le Département fédéral de l’économie confirme avoir participé à la préparation de la rencontre.
Les entrepreneurs ont demandé cette rencontre de leur propre initiative, a indiqué à Keystone-ATS un porte-parole du Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR). Les participants voulaient attirer l’attention du président américain sur les conséquences des droits de douane sur leurs entreprises.
Le DEFR n’a pas révélé quelles entreprises ont participé à la rencontre, mais il s’agit d’un «groupe d’entrepreneurs qui ont agi dans leur propre intérêt». Les titres Tamedia mentionnent des représentants de Rolex, de Richemont, du négociant en matières premières genevois Mercuria et de la société d’investissements Partners Group basée à Zoug.
Selon l’agence Reuters, ce groupe d’entreprises a proposé d’investir plus de 6 milliards de dollars dans le secteur énergétique américain. Contactées par Keystone-ATS mercredi, aucune de ces entreprises n’a souhaité s’exprimer. La faîtière Economiesuisse a elle déclaré faire «partie des discussions en cours entre le DEFR et le secteur privé», sans donner plus de détails.
«Il s’agit d’une initiative privée que le Conseil fédéral salue», a déclaré sa porte-parole Nicole Lamon lors d’une conférence de presse du gouvernement. Le Conseil fédéral est en principe responsable des négociations.
Le gouvernement poursuit les discussions en cours avec les Etats-Unis, et cela à différents niveaux, afin d’améliorer la situation douanière, a ajouté Mme Lamon. Le ministre de l’économie Guy Parmelin est toujours en contact régulier avec les services compétents aux Etats-Unis.
«Excellent travail»
Donald Trump avait précédemment écrit sur sa plateforme Truth Social qu’il avait discuté de questions commerciales avec «des représentants de haut niveau de la Suisse».
Cela a été «un grand honneur» a-t-il indiqué, remerciant les participants pour leur «excellent travail». Il a été convenu lors de la réunion que le représentant américain au commerce Jamieson Greer poursuive les discussions avec le gouvernement suisse.
La Suisse est particulièrement touchée par la politique commerciale protectionniste du président républicain. Donald Trump avait annoncé en août des droits de douane de 39% sur de nombreux produits suisses, l’un des taux les plus élevés au monde imposés par les Etats-Unis à leurs partenaires commerciaux.
Cette mesure a de lourdes répercussions sur l’économie: elle touche notamment l’industrie horlogère et mécanique ainsi que le secteur alimentaire, en particulier le chocolat et le fromage. L’industrie pharmaceutique craint également des taxes supplémentaires considérables.