Aux Etats-Unis, l’inflation dans (presque) toutes les têtes avant les fêtes

AWP

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Le président Donald Trump assure que l’inflation est désormais maîtrisée et que le sujet du coût de la vie est une «arnaque» montée par l’opposition démocrate.

«On ne se fera pas de cadeaux entre adultes cette année»: dans un marché de Noël de la grande banlieue de Washington, la magie n’opère pas sur tous les porte-monnaie, émoussés par l’inflation tenace, que Donald Trump avait promis de combattre.

A Gaithersburg, dans le Maryland, à une quarantaine de minutes en voiture de la capitale américaine, un vaste centre commercial abrite les stands de petits entrepreneurs locaux.

Ils ont confectionné des cartes de vœux, boucles d’oreilles, décorations à base de coquilles d’huîtres vernies... Même les chiens peuvent être gâtés avec des pâtisseries goût poulet ou citrouille/beurre de cacahuète.

«Les prix restent raisonnables», dit à l’AFP Karen Jenkins, 73 ans, qui vient d’acheter des emballages alimentaires réutilisables, enduits de cire d’abeille.

Cette enseignante spécialisée pour collégiens en difficulté n’a pas la même impression au supermarché.

«Les prix sont exorbitants», reproche-t-elle, ajoutant acheter régulièrement de la nourriture pour des élèves «qui ont faim parce qu’ils n’ont pas assez à la maison».

De son côté, elle a quasiment renoncé aux sorties au cinéma ou au théâtre: «Les places sont hors de prix.»

Le président Donald Trump, qui avait mis la reconquête du pouvoir d’achat au cœur de sa campagne victorieuse, assure que l’inflation est désormais maîtrisée et que le sujet du coût de la vie est une «arnaque» montée par l’opposition démocrate.

«Pas de cadeau»

Les chiffres officiels montrent toutefois que les prix ont augmenté plus vite ces derniers mois (à +2,8% en septembre – dernier indice PCE disponible – contre +2,3% en avril).

«Ca fait peut-être trois ans que les prix n’arrêtent pas de monter», observe à Gaithersburg Olivia McPherson, pâtissière dans une entreprise de restauration collective.

Elle loue une chambre chez un ami faute de pouvoir avoir son propre appartement, achète moins de viande pour des raisons de coût et se trouve «chanceuse» d’avoir des repas fournis par son employeur.

«Peut-être que je ne pourrai pas offrir de cadeau à chacun de mes amis cette année», ajoute la jeune femme.

Professeur de sciences dans un lycée, père d’un bébé de six mois, James Doffermyre limite aussi ses dépenses: peu de sorties au restaurant et un Noël plus frugal que d’habitude.

«Avec de la famille et des amis, nous formons un groupe très soudé. On fait toujours un gros Noël ensemble. Mais on a décidé qu’on ne se fera pas de cadeaux entre adultes cette année, on n’achètera que pour les enfants», décrit le trentenaire, cheveux poivre et sel ramenés en queue-de-cheval.

«Travailler dur»

Devant des objets en céramique, Oscar (les personnes désignées par leur prénom n’ont pas voulu donner leur nom de famille), profite avec sa compagne d’un rare moment de temps libre.

A 23 ans, il travaille à plein temps comme conducteur d’engins de chantier la semaine et entretient les jardins de particuliers le week-end.

«J’ai l’impression que les prix ne vont pas baisser de sitôt mais qu’on peut s’en sortir en travaillant assez dur», pointe l’ouvrier né aux Etats-Unis de parents mexicains.

Pour l’économiste Joanne Hsu, qui dirige une enquête de référence sur le moral des consommateurs américains, ceux-ci étaient aussi «très frustrés devant les prix élevés en 2022, à la fin de la pandémie de Covid-19».

«Mais, explique-t-elle à l’AFP, ils se disaient que leur revenu allait suivre car le marché du travail était très robuste. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.»

Avec d’autres économistes, elle constate un fossé grandissant entre les classes moyennes et populaires, qui se serrent la ceinture, et les classes aisées, dont le patrimoine a continué à gonfler grâce notamment à l’envolée de la valeur des actions à Wall Street.

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