Attractivité économique: Genève pénalisé par sa fiscalité

AWP/ATS

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Le nouveau baromètre de l’Institut CREA, place le canton au septième rang national. «Ce diagnostic va susciter le débat», indique Gilbert Ghostine, président de la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève.

Selon un nouvel indicateur d’attractivité économique développé par l’Institut CREA, Genève se place au septième rang parmi les 26 cantons. La compétitivité fiscale et budgétaire constitue le principal handicap du canton, indique une étude présentée mardi.

«Ce diagnostic va susciter le débat», a indiqué devant la presse Gilbert Ghostine, président de la Fondation pour l’attractivité du canton de Genève (FLAG). Créée par des entrepreneurs, la FLAG a mandaté l’Institut d’économie appliquée CREA de l’Université de Lausanne afin de pouvoir «poser un constat basé sur des chiffres concrets».

Genève se classe septième dans ce nouvel indicateur global d’attractivité économique, derrière Zoug, Bâle-Ville, Vaud, Neuchâtel, Zurich et Schaffhouse. Cet indicateur est basé sur 46 variables réparties dans cinq domaines: innovation et croissance, attractivité du marché du travail, qualité des infrastructures, compétitivité fiscale et budgétaire, et durabilité et sécurité.

Premier enseignement: Genève s’appuie sur des fondamentaux solides avec un marché du travail parmi les plus innovants du pays, un tissu économique dynamique et des exportations à forte valeur ajoutée. Le canton pointe dans le peloton de tête pour ces domaines, sans toutefois parvenir à rivaliser avec les cantons les plus performants, comme Zoug et Bâle-Ville.

Fragilité

Mais si Genève pointe à la troisième position pour l’attractivité de son marché du travail et au cinquième rang pour l’innovation et la croissance, le canton chute au dernier rang en matière de compétitivité fiscale et budgétaire. «C’est le point de fragilité de Genève», selon le professeur Mathieu Grobéty, directeur de l’Institut CREA.

Il a mis en évidence la «vulnérabilité de la pyramide fiscale» à Genève. Selon les résultats de cette étude, le canton applique une fiscalité plus élevée que la plupart des cantons concurrents, notamment pour les hauts revenus. Plus d’un tiers des recettes provient du 1% des gros contribuables, ce qui rend les finances publiques particulièrement sensibles à d’éventuels départs.

L’indicateur révèle aussi un «Etat gourmand en dépenses et peu efficace», selon le professeur Grobéty. Et de préciser que «Genève a beaucoup de fonctionnaires, qui sont bien payés». Selon l’Institut CREA, le poids du secteur public représente 20,1% du PIB. En termes de dépenses de personnel par habitant, Genève pointe à la dernière place.

Projet de budget 2027

Afin de renforcer l’attractivité économique du canton, il est donc nécessaire de renforcer l’efficience du secteur public et de mieux maîtriser les dépenses de l’Etat, conclut l’étude. Une recommandation qui intervient alors que le Conseil d’Etat va dévoiler jeudi le projet de budget 2027 avec d’importantes économies à la clé.

La FLAG, qui se revendique apolitique, n’a pas vocation à commenter le budget, a précisé sa directrice Karine Curti. Les résultats de l’étude ont déjà été envoyés à des membres du gouvernement. Et la Fondation va solliciter un rendez-vous avec le Conseil d’Etat sur ces enjeux.

Créée dans la foulée de la crise du Covid-19, la FLAG agit dans l’intérêt du tissu économique cantonal. Elle dirige notamment des études portant sur les conditions nécessaires au maintien d’une Genève attractive. Une précédente étude menée auprès des entreprises avait mis en lumière une érosion de son avantage compétitif aux niveaux international et intercantonal, notamment à cause des problèmes de mobilité et de fiscalité.

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