Argentine: encore «du chemin» avant un accord sur la dette

AWP

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L’Argentine compte négocier un nouveau programme d’aide avec le FMI cette année, après plus de deux ans de récession, selon le ministre de l’Economie, Martin Guzman.

L’Argentine et ses créanciers ont encore «beaucoup de chemin à parcourir» avant d’obtenir un accord sur la restructuration de quelque 66 milliards de dollars de dette, a indiqué jeudi le ministre de l’Economie, Martin Guzman.

«Il y a une négociation concrète, protégée par un accord de confidentialité. Mais la réalité c’est qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir», a affirmé le ministre lors d’une rencontre avec les agences de presse internationales à Buenos Aires.

L’Argentine, dont la dette totale atteint les 324 milliards de dollars, soit 90% de son produit intérieur brut (PIB), est entrée en défaut de paiement, le deuxième en moins de 20 ans, le 22 mai, faute d’honorer une échéance de 500 millions de dollars.

M. Guzman a précisé que le gouvernement argentin n’avait pas modifié son offre initiale, rejetée par les créanciers, et qu’il en discutait toujours les termes avec trois groupes d’entre eux.

L’Argentine a proposé un délai de grâce de trois ans, une réduction de 62% des intérêts et de 5,4% du capital, ce que ses créanciers ne sont pas prêts à accepter.

Les discussions sont compliquées en raison de la diversité des créanciers, qui ont des exigences et des préférences différentes sur la manière de régler les problèmes, a encore expliqué le ministre.

«Plus vite on résout ce problème, mieux ce sera pour toutes les parties», a-t-il souligné. Il a ajouté que l’Argentine accepterait uniquement un compromis qu’elle serait en mesure de respecter.

Ces négociations ont déjà été prolongées à deux reprises, et le nouveau délai expire mardi. Or, il est très peu probable qu’un accord soit obtenu avant cette date.

M. Guzman a également précisé que l’Argentine comptait négocier un nouveau programme d’aide avec le Fonds monétaire international (FMI) cette année, après plus de deux ans de récession.

Buenos Aires avait conclu un accord avec le FMI en 2018 pour une aide totale de 58 milliards de dollars dont 44 milliards ont déjà été décaissés. Mais le président péroniste de centre-gauche, Alberto Fernandez, a renoncé, peu après son arrivée au pouvoir en décembre, à la dernière tranche de ce programme, dont il n’avait pas négocié les conditions.

Cela n’a pas empêché son gouvernement de maintenir une relation «constructive» avec l’organisation internationale, qui apporte son soutien à l’Argentine dans ses négociations pour restructurer sa dette.

Le FMI est très impopulaire en Argentine, où il a été accusé dans le passé d’avoir imposé des mesures d’austérité aux conséquences sociales dramatiques. «Avec le FMI nous cherchons tous à aller de l’avant. Il y a le passé, quelque chose qui n’a pas fonctionné, mais maintenant nous devons chercher à résoudre les problèmes», a assuré M. Guzman.

L’Argentine affirme vouloir rembourser ses créanciers, mais d’une manière qui ne menacera pas la croissance du pays, déstabilisée en outre par l’épidémie de coronavirus. L’activité économique a chuté de 11,5% en mars par rapport au même mois de l’an dernier.

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