Marchés européens: le rebond initial après Nvidia s’essouffle

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Paris modère ses gains à la clôture, terminant en hausse de 0,34%, après avoir gagné plus de 1% en séance, tout comme Francfort, qui finit sur un gain de 0,50%. Zurich grappille 0,1%, Londres 0,21% et Milan avance de 0,62%.

Les bourses européennes ont limité leurs gains à la clôture jeudi, tandis que les indices américains basculaient en terrain négatif. L’élan des marchés d’actions après les résultats de Nvidia a peu à peu fait place aux doutes sur la capacité de la Réserve fédérale à réduire une nouvelle fois ses taux en décembre.

A New York, après un début de séance boursière en forte hausse, les indices ont basculé dans le rouge, le Nasdaq, à dominante technologique, reculant de 1,22%, l’indice élargi S&P 500 de 0,85% et le Dow Jones de 0,67%.

En Europe, Paris a modéré ses gains à la clôture, terminant en hausse de 0,34%, après avoir gagné plus de 1% en séance, tout comme Francfort, qui a terminé sur un gain de 0,50%. Londres a avancé de 0,21% et Milan de 0,62%. La Bourse suisse a elle aussi nettement limité ses gains, l’indice phare SMI clôturant en hausse de 0,1%.

Les résultats de Nvidia avaient insufflé un vent d’optimisme sur les marchés d’actions en Europe et aux Etats-Unis, avant que la tendance ne s’essouffle et qu’elle ne finisse par se retourner sur les marchés américains. «Malgré le rebond de soulagement», la prudence reste de mise, souligne Fawad Razaqzada, analyste de City Index.

Nvidia a affiché un bénéfice net pour le trimestre clôturé fin octobre qui a bondi de 65% sur un an, à 31,9 milliards de dollars, un chiffre d’abord salué à Wall Street, où l’action du groupe bondissait de plus de 5% en première partie de séance avant de basculer dans le rouge. Vers 18h45, le titre reculait de 1,66%.

Le bond initial de l’action a apporté «un soutien bienvenu à des marchés qui, ces dernières semaines, s’inquiétaient de valorisations des valeurs technologiques très élevées, d’un enthousiasme excessif autour de l’IA et de la durabilité de la dynamique des bénéfices», écrit Fawad Razaqzada dans une note.

«Mais le problème est que, même si Nvidia pèse lourd, elle ne peut porter le marché qu’à un certain point (...) et la confiance dans le reste du secteur reste mitigée», poursuit-il. En cause, maintenant que la saison des résultats arrive à sa fin, «les investisseurs n’ont pas beaucoup de nouveaux catalyseurs démontrant que la demande technologique est tout aussi résiliente que pour Nvidia», ajoute-t-il.

Autre point d’attention des marchés: la publication du rapport sur l’emploi américain pour le mois de septembre. Ces statistiques auraient dû être publiées mi-octobre mais le «shutdown», qui s’est étiré durant 43 jours, a empêché la moindre publication de statistiques durant la période.

Les créations d’emplois ont progressé plus qu’attendu sur la période, avec 119.000 nouvelles embauches, nettement mieux que ce qu’attendaient les analystes, qui prévoyaient plutôt 52’000 créations d’emplois en septembre, selon le consensus publié par MarketWatch. Sur un an, le taux de chômage est cependant passé de 4,1% à 4,4%, près de 700’000 personnes supplémentaires se trouvant sans emploi par rapport à septembre 2024.

Ces données, bien qu’anciennes, rendent difficile de «plaider en faveur de baisses de taux en décembre», commente Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique de Lombard Odier AM. Les investisseurs délaissaient les actions à la faveur des obligations d’Etat, actif refuge. Sur le marché obligataire, vers 18h45, le rendement de l’emprunt américain à deux ans baissait à 3,55%, contre 3,59% à la clôture la veille, et son équivalent à dix ans était à 4,09%, après 4,14% mercredi.

Dr. Martens, du plomb dans la semelle

La marque britannique de chaussures Dr. Martens, qui tente de dépasser les difficultés rencontrées aux Etats-Unis ces dernières années, a plongé de près de 10% à Londres après avoir prévenu que les droits de douane imposés par Donald Trump lui coûteront plusieurs millions de livres.

Siemens Energy recherché

L’équipementier énergétique allemand Siemens Energy (+2,89% à Francfort) s’envole à la Bourse de Francfort après avoir annoncé son intention de racheter ses propres actions pour jusqu’à 6 milliards d’euros d’ici 2028. A 118 euros en séance, le cours a atteint un nouveau plus haut historique. L’Allemand est porté ces jours-ci par ses récentes prévisions ambitieuses, profitant d’un marché de l’énergie mondial en forte croissance.

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