Les marchés européens dispersés en clôture

AWP/AFP

2 minutes de lecture

Francfort recule de 0,34% tandis que Paris (-0,05%) et Milan (-0,07%) finissent quasi à l’équilibre, et Londres progresse de 0,54%.

Les marchés mondiaux font face jeudi à une nouvelle vague de ventes dans le secteur des semi-conducteurs, victime des doutes croissants quant à leurs valorisations et à la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle (IA).

A New York, vers 17h50, le Nasdaq, dominé par les valeurs technologiques, perdait 0,76% et le S&P 500 0,18%. Le Dow Jones grappillait 0,16%.

La prudence a été de mise en Europe: Francfort a perdu 0,34%, Paris (-0,05%) et Milan (-0,07%) ont fini à l’équilibre, et Londres a pris 0,54%.

«On assiste à un mouvement significatif de ‘derisking’ (vente des actifs les plus risqués, ndlr) qui touche le secteur des semi-conducteurs et toute la chaîne d’approvisionnement de l’IA», explique à l’AFP Isabelle de Gavoty, responsable de gestion actions chez AllianzGI.

Après avoir nettement reculé en Asie, faisant chuter les Bourses de Séoul (-6,37%) et de Tokyo (-2,79%), les valeurs phares du secteur des composants électroniques ont reculé à leur tour en Europe et aux États-Unis.

Sur le Vieux Continent, à Paris, Soitec a chuté de 7,64% et STMicroelectronics de 4,84%. Infineon a reculé de 4,25% à Francfort. Seul le géant néerlandais ASML a grimpé (+3,16%), après avoir relevé la veille ses perspectives de ventes pour l’année.

A Wall Street, Micron perdait 4,98%, Nvidia 2,63% et SK hynix 11,53%.

«Le scepticisme» concernant «l’évolution future des activités liées à l’IA et aux centres de données (...) demeure», estime Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

Les promesses de croissance et de révolution industrielle liées à la diffusion de l’intelligence artificielle dans l’économie mondiale sont les principaux moteurs des marchés d’actions depuis le début de l’année.

Mais les investisseurs doutent de plus en plus de la rentabilité des investissements pour développer cette technologie et des valorisations boursières gigantesques des entreprises qui en profitent, comme celles du secteur des semi-conducteurs.

Les puces sont en effet indispensables pour construire les centres de données sur lesquels sont entraînés les modèles d’IA.

«Les mouvements extrêmes sur les semi-conducteurs semblent désormais être devenus la norme: chaque jour, le secteur enregistre une forte hausse suivie d’une baisse tout aussi importante le lendemain, et ainsi de suite», note Neil Wilson, de Saxo UK.

Les prix du pétrole stables

Les marchés pétroliers sont stables mais «les risques (...) demeurent en raison de la reprise de l’escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran, sans perspective de résolution à l’horizon», résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.

Vers 17h45, le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, cédait 0,08% à 84,88 dollars. Son équivalent américain, le WTI, perdait 0,13% à 79,50 dollars le baril.

Les États-Unis et l’Iran ont de nouveau échangé des frappes, le conflit au Moyen-Orient ne montrant jeudi aucun signe d’accalmie après plus d’une semaine de bombardements. L’Iran, qui a de nouveau verrouillé le détroit d’Ormuz le week-end dernier, a promis que cette voie maritime resterait fermée jusqu’à la fin des «agressions» américaines.

«Les marchés semblent considérer qu’aucune des deux parties ne souhaite un conflit régional plus large, mais les perturbations persistantes du transport maritime et l’incertitude entourant les exportations iraniennes signifient qu’une prime géopolitique significative reste intégrée dans les prix de l’énergie», explique Daniela Hathorn, de Capital.com.

Pour Soojin Kim, analyste pour MUFG, «le marché intègre désormais un risque d’approvisionnement plus durable, plutôt qu’un simple choc géopolitique temporaire».

Dans ce contexte, le taux d’intérêt américain à dix ans repartait à la hausse, à 4,57%, contre 4,54% la veille en clôture, après avoir reculé la veille dans le sillage de plusieurs indicateurs témoignant d’un ralentissement de l’inflation dans la première économie mondiale.

Côté changes, le dollar prenait 0,16% face à la monnaie unique européenne, à 1,1446 dollar pour un euro.

A lire aussi...