Les cours du pétrole sont en baisse jeudi, les investisseurs écartant le risque d’une reprise de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis et recevant des signaux positifs sur la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Vers 09h15 GMT (11h15 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, perdait 1,30% à 79,64 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, tombait de 1,33% à 67,67 dollars.
Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé «des progrès positifs» lors de leurs pourparlers indirects à Doha et une prochaine série de discussions est prévue après les funérailles de l’ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.
Il n’y a pas de «nouvelle majeure», mais les marchés le perçoivent comme une «bonne nouvelle», explique Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.
Donald Trump a de son côté qualifié ces réunions de «très bonnes» affirmant même que «la dénucléarisation de l’Iran avance bien».
Pour le pétrole néanmoins, c’est le trafic dans le stratégique détroit d’Ormuz qui reste le plus important.
Les passages visibles grâce au système d’identification automatique des navires ont baissé depuis ce weekend mais le flux réel serait en fait plus important, les bateaux passant désormais avec leurs transpondeurs éteints.
L’approvisionnement en pétrole via cette voie navigable aurait même dépassé les 10 millions de barils par jour, selon un responsable américain cité par l’agence Bloomberg.
«Avec le pétrole qui continue d’être acheminé vers le marché mondial via les oléoducs en dehors du détroit d’Ormuz depuis les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ainsi que la libération des réserves stratégiques», «le marché est actuellement inondé de brut», affirme M. Rasmussen.
D’ici à la fin de l’année, les contrats de Brent pour les mois plus éloignés se négocient d’ailleurs un peu plus cher: acheter du pétrole pour livraison en novembre est plus coûteux qu’en octobre, et décembre coûte davantage que novembre.
Cela traduit une surabondance d’or noir immédiate ainsi que l’anticipation d’une normalisation des flux une fois que le pétrole accumulé, dans les navires bloqués et dans les cuves des pays du Golfe, durant la guerre sera écoulé.
En plus d’une offre qui augmente, «la demande des raffineurs indépendants chinois, principaux clients de l’Iran avant le conflit, est restée atone, les taux de fonctionnement du secteur ayant chuté à leur plus bas niveau depuis neuf ans», et «les raffineurs publics chinois sont également restés en retrait», affirment les analystes de DNB Carnegie, ce qui contribue à plomber les cours du pétrole.