La désinflation reprend le dessus, les investisseurs attendent les résultats – Flash boursier de Bonhôte

Pierre-François Donzé, Julien Staehli, Karine Patron, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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Les investisseurs font abstraction du risque pétrolier au profit d’un scénario plus favorable mêlant ralentissement de l’inflation, assouplissement des perspectives monétaires et maintien de la croissance.

Les marchés actions ont terminé le deuxième trimestre sur une note particulièrement solide. Malgré les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, les investisseurs ont rapidement fait abstraction du risque pétrolier au profit d’un scénario plus favorable mêlant ralentissement de l’inflation, assouplissement des perspectives monétaires et maintien de la croissance.

Les créations d’emplois décélèrent aux Etats-Unis

Les marchés semblent toutefois entrer dans une phase d’attentisme, la saison des résultats trimestriels, qui débutera le 13 juillet, constituant désormais le principal catalyseur de court terme.

Aux Etats-Unis, la semaine a conforté le scénario d’un ralentissement ordonné de l’économie. Les statistiques sur l’emploi ont envoyé des signaux contrastés mais globalement favorables aux marchés. Les créations d’emplois ont nettement déçu avec seulement 57’000 nouveaux postes en juin contre environ 110’000 attendus, tandis que les chiffres des mois précédents ont été révisés à la baisse. En parallèle, le taux de chômage a légèrement reculé à 4,2%, soulignant un marché du travail qui ralentit sans se détériorer brutalement. Cette combinaison réduit le risque d’un resserrement monétaire supplémentaire de la Réserve fédérale et renforce les anticipations d’une politique plus accommodante dans les prochains mois. Les interventions du président de la Fed ont également rassuré les investisseurs, en réaffirmant l’objectif de stabilité des prix tout en refusant de préannoncer l’évolution future des taux directeurs. Au-delà des statistiques conjoncturelles, la progression continue des marchés financiers alimente un effet richesse significatif, qui soutient la consommation des ménages les plus aisés. Une étude récente montre que cet effet aurait contribué à près de 40% de la croissance de la consommation américaine en 2025, compensant largement l’incertitude économique et politique. Cette dynamique explique en partie la résilience persistante de l’économie américaine malgré des indicateurs d’activité moins vigoureux.

Reflux de l’inflation en Europe

En Europe, la désinflation s’est confirmée plus rapidement qu’attendu. L’inflation de la zone euro est revenue à 2,8% en juin contre 3,2% en mai, sous l’effet du reflux des prix de l’énergie après l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. L’inflation sous-jacente a également ralenti à 2,4%, retrouvant son niveau d’avant le conflit régional. En France, l’inflation est repassée sous la barre des 2%, à 1,8%, tandis qu’en Allemagne le taux de chômage est demeuré stable à 6,3%, illustrant une reprise économique toujours fragile. Ce contexte renforce les perspectives d’une poursuite graduelle de l’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne, tout en limitant les risques d’une résurgence inflationniste.

En Suisse, le contexte macroéconomique reste particulièrement favorable. L’inflation a poursuivi son ralentissement à 0,5% sur un an en juin contre 0,6% le mois précédent, tandis que les prix sont restés inchangés sur un mois, alors que le consensus anticipait une légère hausse. Cette stabilité offre à la Banque nationale suisse une marge de manœuvre confortable pour maintenir une politique monétaire favorable à l’activité si nécessaire.

Le début du troisième trimestre marque probablement une transition entre une phase dominée par les statistiques macroéconomiques et une période où les publications de résultats des entreprises redeviendront le principal moteur des marchés. Après un premier semestre exceptionnel, les valorisations, notamment dans la technologie américaine, exigent désormais à nouveau une confirmation des bénéfices.

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