Gonet: l'actualité des marchés au 7 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,51%, S&P 500 -0,38%, Nasdaq -0,29%, Russell +0,25%, SOX +3,37%, Eurostoxx +0,16%, SMI +0,01%.

 

C’est une semaine passée riche en événements et en déclarations que traverse un marché ballotté de part et d’autre du navire sentiment, avec une rhétorique de la Fed qui se déplace légèrement du côté colombe, un conflit Etats-Unis/Iran qui ne faiblit pas, une intervention remarquée de la Banque du Japon pour défendre sa monnaie et un bouquet final macro-économique carrément faucon vendredi avec un solide rapport mensuel sur l’emploi aux Etats-Unis. En parallèle les craintes du marché au sujet des finances de nombreux pays autour du globe, USA en tête, restent bien présentes comme l’illustre le comportement du marché obligataire, ce matin il va falloir ajouter un point supplémentaire à cette partie avec les deux principales économies de la zone euro dont l’establishment est de plus en plus contesté.

Le conflit au Moyen-Orient soutient la pression acheteuse sur le pétrole, le baril de WTI Light Crude se maintient à 92,00 dollars. En parallèle on apprend vendredi que le prix du diesel atteint un nouveau plus haut de tous les temps aux Etats-Unis, à 5,85 dollars le gallon. Les craintes d’inflation restent donc bien présentes dans les esprits, au-delà de soutenir les cours de l’énergie, leur présence dans l’équation économique renforce la plupart des rendements obligataires, le rapport de vendredi sur l’emploi fait aussi sa part, vendredi soir le 10 ans US s’est hissé à 4,7820%, la résistance de 4,80% semble vouée à être testée à nouveau, rappelons ici que si elle est franchie ensuite un tapis rouge technique sera déroulé au 10 ans jusqu’à 5,00%.

L’agenda de cette semaine qui débute est fait de décision de la BCE ce jeudi (le marché prévoit 99,5% de probabilités d’une hausse de 25 points de base), des trimestriels d’Adobe et Oracle, également jeudi, du suivi attentif de la paire USD/JPY, le yen se renforce considérablement depuis la semaine passée, cela se poursuit ce matin, on y revient plus bas. La guerre Iran / Etats-Unis reste un facteur important pour les intervenants, tout cela démarre ceci dit dans le calme, ce lundi les Etats-Unis et le Canada ne travaillent pas, c’est la journée du travail, pas de Wall Street à l’horizon donc.

Les indices américains d’actions s’en sortent plutôt bien et réalisent une performance hebdomadaire légèrement positive, contrairement à Francfort et Paris qui n’en mènent pas large. La volatilité du marché reste extrêmement faible, les volumes d’échanges timides et la tech dominante dans les mouvements, vendredi ce sont les semi-conducteurs (SOX) qui portent la cote et permettent au Nasdaq100 (NDX) de légèrement progresser. Le SOX gagne près de 4% sur la séance et 2,3% sur la semaine, en revanche sa configuration technique est franchement vilaine, il ne parvient pas à récupérer sa moyenne mobile à 100 jours depuis plusieurs journées et une death cross (signal technique négatif) menace cette semaine. Le dollar, qui s’est légèrement renforcé contre la plupart des monnaies la semaine passée (le yen mis à part), évolue dans une fourchette plutôt étroite, la paire EUR/USD traite à 1,1618, sa 200 jours se situe à 1,1634, sa 100 jours à 1,1563. Quant au dollar/yen, il est de retour à 155,73, en milieu de semaine écoulée il cotait 158,97, la Banque du Japon est passée par là et c’est tout le carry trade qui est remis en cause, la force du yen ajoutée aux rendements obligataires voués à remonter dans le pays pourraient décourager les adeptes de l’emprunt pas cher pour placer plus cher, voire les rediriger vers notre bon vieux franc suisse, une explication potentielle parmi d’autre de la faiblesse de notre monnaie observée depuis quelques temps, ce matin la paire EUR/CHF cote 0,9414.

L’or se replie à 4400 dollars l’once, pénalisé par la vigueur du marché de l’emploi américain et les tensions au Moyen-Orient, qui renforcent les anticipations de hausse des taux. Des taux plus élevés rendent en effet l’or, qui ne verse aucun revenu, relativement moins attractif. Les perspectives à moyen terme semblent néanmoins favorables : plusieurs grands gestionnaires, dont Amundi, Pictet et Robeco, renforceraient leurs positions.

L’économie américaine a créé 162’000 emplois en août, soit près de trois fois plus que les 55’000 attendus, tandis que les chiffres des deux mois précédents sont révisés à la hausse de 55’000 postes. Le taux de chômage reste stable à 4,1%. Ces données confirment la bonne santé du marché du travail et renforcent la possibilité d’une hausse des taux lors de la réunion de la Fed des 15 et 16 septembre. La décision reste toutefois ouverte, car l’inflation constitue désormais la principale préoccupation de la banque centrale. La publication vendredi de l’indice des prix à la consommation d’août sera donc déterminante: un chiffre inférieur aux attentes pourrait réduire la probabilité d’un relèvement des taux et conforter la position de Christopher Waller, qui se dit favorable à un statu quo si l’inflation poursuit son ralentissement.

La montée de l’extrême droite replace le risque politique au cœur des préoccupations en Europe. En Allemagne, le résultat historique de l’AfD lors d’une élection régionale renforce la nervosité des investisseurs. La réaction du marché obligataire européen est pour l’instant négative mais relativement contenue. Les rendements progressent dans l’ensemble de la zone euro, ce mouvement s’explique surtout par la remontée du pétrole et de l’inflation ainsi que par les anticipations de nouvelles hausses de taux de la BCE. Le rendement de l’OAT française à dix ans monte d’environ 2 points de base, autour de 4,22%, contre environ 3,35% pour le Bund allemand. L’écart entre les deux, principale mesure de la prime de risque française, se situe donc autour de 85 points de base, contre 85,1 vendredi: il reste très élevé, mais ne s’écarte pas brutalement ce matin. Les élections de Saxe Anhalt, remportées par l’AfD avec près de 44% des voix, renforcent la perception d’un risque politique européen, tandis que les sondages favorables à Marine Le Pen pèsent plus directement sur la dette française, en raison des inquiétudes concernant son programme budgétaire et l’adoption du budget 2027. En résumé, il n’y a pas de panique immédiate, mais les investisseurs maintiennent une forte décote sur les obligations françaises.

Rien de bien consistant à se mettre sous la dent au menu macro-économique de ce lundi.

Novartis essuie une déception après l’échec d’une étude de phase III dans les maladies cardiovasculaires, tandis qu’AstraZeneca obtient l’approbation accélérée de la FDA pour l’Etcamah contre une forme avancée de cancer du sein. Eni renforce sa présence au Venezuela, Volkswagen intensifie la réduction de ses effectifs en Inde et Henkel envisage de nouvelles acquisitions. Aux États-Unis, OpenAI et Microsoft sont poursuivis par deux journaux pour violation présumée du droit d’auteur, alors qu’OpenAI reconnaît parallèlement la nécessité d’améliorer sa transparence face aux comportements imprévus de ses modèles. Netflix relève pour la première fois le prix de son abonnement Premium au-delà de 20 livres au Royaume-Uni, l’introduction en Bourse d’Anthropic pourrait être repoussée à la mi-octobre et Toyota vise une progression de 40% des bénéfices générés par ses activités autres que la vente de véhicules d’ici à l’exercice 2030.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo gagne 2,12% à la cloche, Hong Kong recule de 0,81%, Shanghai grappille 0,07%, Séoul décolle de 4,61% (merci le SOX) et le Nifty50 égare 0,58%. Le future SPX est inchangé, son compère du NDX progresse de 0,3%. L’Europe traite autour de l’équilibre dans les premiers échanges.

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