Les taux d’intérêt des dettes publiques grimpaient vendredi au Royaume-Uni et en Europe, après l’élection d’Andy Burnham au Parlement britannique et sur fond de regain d’incertitudes au Moyen-Orient. Les Bourses ont quant à elles fini sans éclat, en l’absence de Wall Street fermée en raison d’un jour férié aux Etas-Unis.
Le rendement britannique à échéance dix ans progressait dans les derniers échanges à 4,84%, contre 4,75% la veille en clôture. Dans la foulée, son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait à 2,98%, contre 2,93% jeudi soir. Le taux de la dette française à échéance dix ans prenait de son côté 0,06 point de pourcentage par rapport à la veille, à 3,74%.
Après avoir été élu député vendredi lors d’une législative partielle, le maire travailliste du Grand Manchester Andy Burnham peut défier le Premier ministre actuel Keir Starmer, en prônant une politique plus à gauche pour le remplacer à Downing Street. Andy Burnham l’a emporté dans la circonscription de Makerfield, proche de Manchester, avec 54,8% des voix contre 34,5% pour le candidat du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, une victoire beaucoup plus large qu’attendu.
Il peut désormais briguer ouvertement la direction du parti travailliste, même si la façon dont il va tenter d’évincer Starmer reste incertaine, en raison notamment de sa détermination affichée à rester au pouvoir. La perspective d’un programme plus dépensier inquiète les marchés, sur fond de doutes croissants sur la soutenabilité budgétaire des Etats, ce qui se traduit partout par des hausses de taux d’intérêt depuis plusieurs mois.
D’autant que cette élection «intervient après que les données sur les finances publiques britanniques ont révélé une nouvelle flambée de l’endettement le mois dernier», justifie Kathleen Brooks, de XTB. Le «choix du ministre des Finances déterminera la façon dont le marché percevra» son potentiel mandat, selon Neil Wilson de SaxoBank.
Andy Burnham «sait qu’un candidat affichant une gestion budgétaire responsable, enverrait les +bons+ signaux au marché obligataire. Il sait également que l’inverse est vrai», ajoute-t-il.
L’incertitude revient au Moyen-Orient
A cela s’ajoute un retour de l’incertitude au Moyen-Orient, après le report sine die des négociations prévues vendredi en Suisse entre Téhéran et Washington, censées donner le coup d’envoi à un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire. Et dans le sud du Liban, des frappes israéliennes ont fait 47 morts et plus d’une centaine de blessés dans la nuit, selon un bilan du ministère de la Santé libanais, tandis que l’armée israélienne a fait état de la mort de quatre de ses soldats, dont un haut gradé.
«Les dernières semaines ont montré à quel point le chemin vers la paix est long et difficile. Pourquoi serait-ce plus simple désormais ?», s’interroge Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets. Dans ce contexte, la baisse des prix du pétrole des derniers jours s’est arrêtée.
Vers 18h10, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, prenait 1% à 80,64 dollars et son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate gagnait 1,04% à 77,39 dollars.
Bourses européennes atones sans Wall Street
Côté Bourse, la fermeture des marchés américains pour «Juneteenth», jour férié de commémoration de la fin de l’esclavage, a provoqué une atonie des cours, faute de volumes importants, à quelques heures du week-end. Paris a perdu 0,55%, Londres 0,41% et Francfort 0,16%. Milan a grappillé 0,31%. A la Bourse suisse, le SMI a teminé sur un tout petit gain de 0,06%.