Steven Mnuchin craint pour Fannie Mae et Freddie Mac

AWP

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Les institutions américaines de financement hypothécaire peuvent encore faire faillite, prévient le secrétaire au Trésor.

Les organismes de financement hypothécaire américains Fannie Mae et Freddie Mac, nationalisés après la crise immobilière de 2008, auraient encore besoin d’un sauvetage de l’Etat en cas de crise et nécessitent l’injection de «beaucoup de capital», a prévenu le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin mardi.

Ces établissements semi-publics, qui garantissent les prêts immobiliers en les revendant à des investisseurs et qui sont une clé de voûte du financement hypothécaire aux Etats-Unis, demeurent des entreprises «trop importantes pour faire faillite» («too big to fail»).

Cela impliquerait de les sauver à nouveau avec l’argent des contribuables en cas de sévère récession, a affirmé le ministre des Finances lors d’une audition devant une commission du Sénat.

Le Trésor a présenté cette semaine l’ébauche d’une réforme de ces institutions pour qu’elles soient privatisées avec l’apport de capitaux et qu’elles ne dépendent plus de l’Etat tout en permettant, par leur mécanisme de revente des crédits, de continuer de financer des prêts immobiliers à très long terme (30 ans), facilitant l’accession à la propriété.

Ces entreprises «ont besoin de beaucoup de capital» alors qu’elles disposent pour l’instant d’environ 3 milliards de dollars chacune ce qui est «irresponsable», a affirmé Steven Mnuchin.

«En aucune façon, elles pourraient actuellement fonctionner si elles n’avaient pas les lignes de crédit du Trésor», a-t-il ajouté.

Ces institutions ont besoin d’un capital d’un montant «plus proche de 100 milliards de dollars que de 6 milliards», a poursuivi M. Mnuchin.

Pour cela il envisage que Fannie Mae et Freddie Mac puissent garder et accumuler leurs profits (actuellement intégralement versés au Trésor) mais il faudra aussi «faire appel à l’apport de capitaux par des tierces parties».

Ces groupes, qui ont été sauvés en 2008 au prix de 190 milliards de dollars apportés par l’Etat, accuseraient encore des pertes de plus de 43 milliards de dollars si le marché immobilier chutait de 25%, selon le dernier scénario de crise imaginé par la Réserve fédérale (Fed) dans le cadre de ses tests de résistance bancaire.