Logement: lancement d’une campagne pour des loyers abordables

AWP

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Depuis 2005, les loyers ont augmenté de près de 19% et le marché locatif n’a connu aucune détente, critique une large alliance en faveur de logements abordables.

Des loyers moins chers grâce à des logements coopératifs: c’est le but de l’initiative «Davantage de logements abordables». Le comité a lancé mardi sa campagne afin de mettre un terme à la «spéculation immobilière».

Depuis 2005, les loyers ont augmenté de près de 19% et le marché locatif n’a connu aucune détente, critique une large alliance en faveur de logements abordables. Les immeubles vides sont souvent trop chers et situés là où personne n’en veut. Alors que la majorité paie toujours plus cher pour se loger, les investisseurs engrangent des bénéfices record.

Par ailleurs, les salaires n’ont augmenté que de 5% sur la même période, ce qui entraîne une perte du pouvoir d’achat pour les familles. «Il faut mettre un terme à cette saignée», a averti Pierre-Yves Maillard, président de l’Union syndicale suisse. Le marché seul ne peut pas résoudre la situation, a abondé Louis Schelbert, président de Coopératives d’habitation Suisse.

Les frais de logement représentent de loin la plus grande dépense d’un ménage. Le comité demande que plus de logements d’utilité publique soient construits grâce à des prêts à faibles intérêts et à des cautionnements en faveur des coopératives. Ces derniers ne représentent actuellement que 5% du parc immobilier.

Un investissement social

Ces habitations doivent représenter une nouvelle construction sur dix dans l’ensemble du pays, a rappelé Carlo Sommaruga, président de l’Association suisse des locataires et conseiller aux Etats (PS/GE). Pour les communes et les cantons, qui achètent des terrains qu’ils confient aux coopératives, il s’agit d’un investissement rentable.

Ces logements d’utilité publique échappent à la spéculation et offrent une sécurité. Les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement et des profits rapides.

Les coûts pourraient diminuer de 20%, a rappelé M. Schelbert. Cela représente 2 à 3 loyers de moins par année, ou environ 150’000 francs sur une vie, a précisé M. Sommaruga. Des loyers moins chers créent moins de dépendance à l’aide sociale, a aussi souligné la conseillère aux Etats Marina Carobbio (PS/TI).

Et écologique

Et de poursuivre que les logements coopératifs sont bâtis de manière écologiquement durable. Les locataires utilisent en moyenne moins de surface habitable.

L’initiative, soumise au peuple le 9 février, est bénéfique pour l’environnement, estiment aussi les Verts. «La rénovation énergétique des immeubles qui nous attend ces prochaines années ne doit pas conduire à une explosion des loyers. L’initiative rend possible une répartition équitable des coûts», a expliqué la conseillère nationale Regula Rytz (Verts/BE).

Les bâtiments qui doivent être rénovés sont surtout occupés par des personnes à faibles revenus. Elles ne doivent pas être chassées par une rénovation luxueuse.

Le comité regroupe des représentants des locataires, des coopératives d’habitation, des propriétaires, des syndicats et des partis politiques, des organisations de jeunes ou de personnes âgées ainsi que de l’action sociale.