EFG International a affiché un bénéfice net record au terme des six premiers mois de l’année. La masse sous gestion a faibli sous des effets de change négatifs, ceci sans compter l’apport de deux acquisitions. Le gestionnaire de fortune zurichois se dit confiant pour dépasser ses objectifs 2025 avec notamment le renforcement des équipes en conseil clientèle.
De janvier à juin, les afflux nets d’argent ont augmenté de 6,5% sur un an à 5,4 milliards de francs, indique un communiqué paru mercredi.
A fin juin, la masse sous gestion s’élevait à 162,3 milliards, ce qui représente une baisse de 2% par rapport à fin décembre 2024. La banque l’explique par des effets de change négatifs de 11,7 milliards. En incluant les acquisitions de Cité Gestion et d’Investment Services Group (ISG), les actifs sous gestion s’élevaient à environ 173 milliards. Les actifs gérés par la banque privée genevoise ont atteint 7,5 milliards fin 2024, et ceux tenus par le néo-zélandais près de 3,4 milliards.
Les recettes ont atteint 853,9 millions de francs, soit 15% de plus. Les charges se sont faites plus lourdes de 4% à 573,6 millions. Et, le rapport entre les charges et les revenus s’est amélioré de 5,6 point de pourcentage à 66,7%. Le résultat opérationnel a fait un bond de 44% à 280,3 millions. Enfin, le bénéfice net a gonflé de 36% à 221,2 millions.
Ces chiffres répondent au consensus AWP dont les analystes tablaient sur un produit d’exploitation de 809,5 millions de francs, d’un bénéfice net à 211,0 millions et d’avoirs sous gestion à hauteur de 161,8 million. Pour l’expert Daniel Regli, de la Banque cantonale de Zurich (ZKB), «la volatilité accrue des marchés a contribué positivement à l’évolution du chiffre d’affaires».
Nouvelles forces de frappe
Le groupe zurichois a acquis Cité Gestion en février, «afin de renforcer sa présence sur son marché national». Et fin juin, Shaw and Partners, filiale d’EFG, a pris une participation de 75% dans ISG pour 32,4 millions, prenant du terrain en région trans-tasmanienne. La finalisation des deux transactions est encore sous réserve de l’approbation des autorités compétentes.
«Nous continuons à explorer le marché à la recherche d’acquisitions potentielles. Toutefois, nous ne voyons pas beaucoup d’offres sur le marché», a annoncé Giorgio Pradelli, directeur général, en conférence téléphonique, qui a plutôt la croissance organique en ligne de mire compte tenu d’une «concurrence féroce en Suisse».
Concernant les effectifs, 35 nouveaux conseillers à la clientèle (CRO) ont rejoint les rangs d’EFG qui compte en recruter entre 50 et 70 par an. «Un tiers des nouveaux fonds viennent des CRO existants et deux tiers des nouveaux», a souligné le patron.
Aussi, le conseil d’administration a décidé de racheter jusqu’à 9 millions d’actions EFG d’ici le 31 juillet 2026, permettant de financer la rémunération variable différée des salariés en actions.
Pour la suite des affaires, la direction assure que les objectifs visés peuvent encore être dépassés en dépit de l’affaiblissement du dollar américain et des incertitudes géopolitiques, sans donner de précisions chiffrées.
A la Bourse suisse, l’action EFG Interntional a rassuré les investisseurs dès l’ouverture. Cette prestation rejoint celle enregistrée depuis le début de l’année, relève Andreas Venditti, analyste Vontobel. «L’action a surperformé celles d’autres banques suisses, notamment Julius Bär.» Vers 10h30, le titre gagnait 5,8% à 17,03 francs, dans un SPI en hausse de 1,24%.